Avec la taxe carbone, c'est l'autre casse-tête fiscal du moment pour le gouvernement: la suppression de la taxe professionnelle. C'est "quasiment bouclé" dit-on à Bercy. Et s'en est donc bientôt fini de cet impôt "imbécile", comme l'avait qualifié un jour,François Mitterrand. "Imbécile" parce qu'il taxe, notamment, l'investissement. L'investissement (comme disent les ministres et les jounalistes économiques) c'est la croissance, et donc les emplois de demain! Et c'est ce qui fait cruellement défaut aujourd'hui à l'économie française. Les entreprises, évidemment, se frottent les mains. Les communes, les structures intercommunales, les départements, les régions beaucoup moins puisque la taxe professionnelle représente la moitié de leur ressource! Il est là le "casse-tête" fiscal: comment compenser le manque à gagner? Eh bien évidemment, le plus facile c'est de créer de nouvelles taxes (c'est un peu un retour à la "case départ" même si, au final, les entreprises seront bel et bien allégées de plusieurs milliards d'euros de charges. 95% des entreprises seront gagnantes, promet Christine Lagarde, notamment dans l'industrie. Pour certaines, c'est même le "jackpot" annoncé: EDF, la SNCF, les opérateurs télécoms... toutes celles qui réalisent beaucoup d'investissements productifs. On parle d'un milliard de gain potentiel pour EDF! Vous me voyez venir: c'est là qu'apparraissent nos pylônes! Le gouvernement, pour équilibrer sa réforme et ne pas faire un cadeau trop énorme à ces entreprises envisage d'augmenter une taxe, assez méconnue du grand public: la taxe sur les pylônes. On la trouve à l'article 1519A du code général des impôts. Et au Journal officiel, dans un arrêté daté du 16 janvier dernier, on découvre que cette taxe se monte à 1702 euros pour un pylône supportant des lignes électriques dont la tension est comprise entre 200 et 350 kilovolts. C'est 3 404 euros, au delà. RTE, la filiale d'EDF, qui gère le réseau à très haute tension, a payé 189 millions d'euros de taxe pylône, l'année dernière. RTE s'apprête, donc aujourd'hui, à voir sa contribution augmenter, pour compenser la disparition de la taxe professionnelle. C'est une nouvelle fois prouvé: derrière une baisse d'impôt, il y a toujours une nouvelle taxe! Les "gagnants de la relance". C'est comme ça que "les Echos" les appelent, ce matin, les bénéficiaires des baisses d'impôts, décidées par le gouvernement en février dernier. C'est un élément de son Plan de relance et c'est maintenant qu'on peut rééllement évaluer la mesure, au moment où les feuilles d'impôt sont éditées. Le quotidien économique s'est procuré ce bilan. 5 millions et demi de ménages français voient leurs impôts sur le revenu baisser. 3 millions échappent même totalement à l'impôt, cette année. Le gain moyen est de 186 euros par foyer: c'est un peu moins que ce que le gouvernement avait annoncé. La croissance, au 3ème trimestre... ... "ne sera pas mauvaise". C'est l'avis de Christine Lagarde. La ministre de l'Economie, portée par l'embellie "surprise" du 2ème trimstre, envisage même désormais de relever la prévision de croissance pour l'ensemble de l'année. Elle est actuellement à -3%. En revanche, Christine Lagarde ne prévoit aucune amélioration des comptes publics. Les entreprises du CAC 40 résistent en tout cas mieux que prévu. C'est ce qui ressort de la saison des résultats semestriels qui s'achève. 21 milliards de profits engrangés en 6 mois. En dépit de la crise, une trentaine de groupe du CAC 40 sont restés bénéficiaires!

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