Xavier Niel déjeunait dans un snack, hier. Un snack pour bobos certes (salades au quinoa, lentilles du Puy au saumon, bol de fruits frais, à la carte) mais un snack quand même, où on croise rarement, d'habitude, des milliardaires. Ceci explique cela: on est à 2 pas du siège d'Iliad, la maison-mère de Free, mais impossible de dire, cela dit, s'il est un habitué des lieux. Les clients, en tout cas, le reconnaissent, donnent un petit coup de coude à leur voisin, le montre du doigt. On entendra l'un d'eux dire, en rigolant: "je vais aller l'embrasser!". Le créateur de Free, son petit plateau devant lui comme tout le monde, déjeunait avec sa garde rapprochée... des dirigeants d'Iliad qui, une demi-heure plus tôt -sans lui-, présentaient les résultats financiers du groupe. "De très bons trimestriels" selon le Directeur financier d'Iliad: un chiffre d'affaires qui dépasse les 2 milliards d'euros, sur 6 mois, une marge opérationnelle en hausse et le cap des 15 millions d'abonnés désormais tout proche. Pour le fixe, Free vante des revenus par clients stabilisé. Pas de pudeur: "pour l'ADSL, on est dans une phase de génération de cash extrêment importante" lâche le Directeur général. Dans le mobile, Free continue de recruter massivement: un million de clients supplémentaires depuis le début de l'année "sans promo permanente, ni baisse de prix". Alors qu'à la bourse, hier, le titre Free vivait une sale journée (-8,8%, à l'arrivée), les dirigeants de l'entreprise répétaient à l'envi leur credo: la "croissance rentable" du groupe. En fait, ce qui fait fuir certains investisseurs, c'est le projet américain de Free: son offre de rachat de T-Mobile, 4ème opérateur des Etats-Unis. 15 milliards de dollars, déjà, sur la table, mais le groupe français va devoir, dans doute, surrenchérir, trouver des partenaires. Hier, les dirigeants du groupe ont rejetté toutes les questions trop précises, mais ils ont fixé leurs limites, répété qu'ils ne feront jamais une offre qui mettrait en péril l'entreprise, et l'activité en France. Quant à un éventuel rachat, en France, du réseau de Bouygues Telecom: "ce n'est pas le sujet" disent-ils, "on est sur notre projet américain, plus enthousiasmant, plus excitant".

Duo. Pour le nouveau ministre de l'Economie, comme pour le n°1 de la CFDT, c'est aux patrons, désormais, de s'engager. 2 interviews, ce matin, dans la presse mais quasiment la même tonalité. Emmanuel Macron, dans Ouest France accorde sa (vraie) première interview, en tant que ministre. "Le gouvernement a montré son engagement, dit-il, j'attends qu'il en soit de même pour les entreprises". Dans les Echos, le secrétaire général de la CFDT dit la même chose: "le patronat ne peut plus se dérober". Il se dit, par ailleurs, "effaré" de voir qu'on peut être sifflé, au Parti socialiste, quand on prononce le mot "entreprise". "J'aime l'entreprise... responsable" paraphrase Laurent Berger. Emmanuel Macron, lui, vante les coopératives, objet de sa première visite sur le terrain, aujourd'hui: "les SCOP illustrent bien l'idée que je me fais de l'entreprise, affirme le nouveau ministre, une collectivité humaine, qui est aussi la propriété de ceux qui la font".

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