Les places boursières du monde entier se sont envolées, hier, à la lecture des résultats de ce G20 : +3, +4, +5%. Les commentaires sont plutôt bons, partout, ce matin. Pourtant, il y a quand même un décalage assez important entre, concrètement, ce qui a été obtenu, et l'euphorie ambiante ! Malgré certains commentaires, ce Sommet de Londres n'est pas un nouvau Bretton Woods. On le disait, ici même hier, en excluant d'entrée, les questions monétaires on a réduit, de fait, l'ambition de la réunion. Est-ce alors, au moins l'instauration d'un "nouveau capitalisme", comme le disent certains ? Pas plus. On a beau chercher, on ne trouve pas. Certes, toutes les mesures que les uns et les autres préconisaient depuis le début de cette crise se retrouvent dans le communiqué final. Mais, hormis le fait qu'il faut attendre de voir si elles seront, effectivement, toutes mises en place (sur les paradis fiscaux, on peut garder certaines réserves...), on sait que ça va prendre du temps, on sait aussi qu'elles ne sont pas faites pour résoudre cette crise, mais empêcher éventuellement la prochaine de se produire. Qui en est vraiment convaincu, ce matin ? Est-ce que ce G20 accouche alors -comme l'a dit Dominique Strauss-Khan, patron du FMI- du plus "grand plan de relance coordonné, jamais décidé"? Là aussi, le scepticisme domine. On a du mal, à retrouver, ce matin, les 5 000 milliards de dollars annoncés par Gordon Brown. On n'en retrouve que mille (1000 milliards, c'est déjà beaucoup) mais c'est pour renforcer les moyens d'intervention du FMI, précisément. C'est-à-dire les moyens à disposition pour sauver de la faillite les prochains pays, victimes de la crise. Ce n'est pas à proprement parlé de la relance. Il reste alors pour qualifier ce G20, le "tournant" annoncé par Barack Obama. C'est le terme qu'a retenu le président américain, hier. C'est positif mais plus "modeste", vous en conviendrez mais ça résume plutôt bien, finalement, la situation. C'est bien un "choc de confiance" qu'on voulu provoquer les dirigeants, hier, et pour une fois, il semble "prendre". La réaction des places boursières n'est pas à prendre qu'avec ironie. Comme Keynes pourrait le dire : si les anticipations s'inversent, l'essentiel est là. Si les entreprises reprennent confiance, et commencent à croire à ce tournant, elles vont enfin anticiper une reprise. Si les ménages pensent que ça va aller mieux, que les emplois vont revenir, ils vont se remettre à consommer. Tout ça fera, donc, que la machine repartira. L'important, oui, c'est d'y croire. Le G20, donc. Avec quasiment partout, des commentaires élogieux. Ceux, d'abord, des principaux intéressés, les 20 Chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Londres, qui tous hier se sont dits satisfaits du compromis obtenu. Commentaires élogieux également de la presse nationale et internationale. Concrètement, le FMI voit ses crédits tripler. Des moyens sont débloqués pour soutenir le commerce international, le principe du renforcement de la régulation du système financier international est validé : les fonds spéculatifs vont être mieux encadrés, les agences de notations aussi... comme les salaires et les bonus des banquiers et des traders. Les normes comptables vont être, également, modifiées. Les membres du G20 affirment également qu'ils vont mettre fin au secret bancaire. L'OCDE a d'ailleurs, dans la foulée, publié une nouvelle liste des paradis fiscaux. Elle est à plusieurs niveaux, plusieurs couleurs. Dans la liste "noire", on ne trouve que le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay. Les paradis fiscaux les plus connus sont dans une liste "grise" de pays qui commencent à coopérer.

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