On aurait dit un rendez-vous chez le médecin. 30 minutes-chrono. Pas une de plus. On ne vous expédie pas mais on ne vous retient pas, non plus. Le discours est clair, concis... sans nuance. Mais c'est surtout le diagnostic qui frappe. Il est impitoyable: "la situation est très grave". C'était hier, dans le bureau de Matthias Matallah, chez Jalma, une société de conseils, spécialisé dans la santé. Le n°1 en France. Une référence mais critiquée pour ses positions très libérales. Pour lui, c'est clair: le prochain Président de la République trouvera un dossier prioritaire sur son bureau, à l'Elysée: celui du déficit de l'Assurance maladie. Personne n'en parle dans cette campagne, pourtant -et il n'y a pas que Jalma qui le dit, la Cour des Comptes également- si la France veut réduire son déficit et sa dette, le prochain gouvernement devra, forcément, s'attaquer au "trou" de la Sécurité Sociale. Le déficit, cumulé entre 2000 et 2010, atteint 80 milliards d'euros. Juste sur l'année 2011, c'est un peu moins de 10 milliards. Et ce sera 20 milliards de déficit, en 2020, si rien n'est fait. Les experts de Jalma en sont persuadés: contrairement à la fin des années 90, le simple retour de la croissance ne suffira pas à rétablir l'équilibre. Même si, depuis 3 ans, c'est bien la crise, et la baisse des recettes, qui plombent les comptes. Au passage, Jalma tord le cou à une "légende": le trou de la Sécu n'est pas dû à l'Etat -mauvais payeur- qui ne compenserait pas les exonérations de cotisations qu'il accorde. "Non, affirme Matthias Matallah, l'Etat paye à la Sécu tout ce qu'il doit. En s'endettant, d'ailleurs, de son côté". Pour se rendre compte, en tout cas, de l'effort qui nous attend, "très vite après l'élection" selon Jalma., le cabinet a simulé une réforme qui a de quoi faire bondir. Si la Sécu arrêtait de rembourser les soins dentaires, les frais d'optiques et les médicaments à 35%, on gagnerait, grosso modo, 5 milliards. 5 milliards de plus, si on réduit le nombre des patients pris en charge à 100%, les ALD, les affections longue durée, qui pèsent de plus en plus lourd, en raison du vieillissement de la population. Constat de Jalma: même avec ce "traitement de choc", le compte n'y est toujours pas: en 2020, la Sécu serait toujours dans le rouge. Sa conclusion: c'est une réforme de tout le système, radicale, que pourrait devoir mener le prochain Président.

Les riches. Un rapport qui confirme que ce sont bien les plus riches qui ont bénéficié des baisses d'impôts de ces dernières années. C'est un rapport publié par l'Institut des Politiques Publiques. Il montre que depuis 2002, les ménages les plus aisés ont profité de baisses d'impôts 6 fois supérieures à la moyenne. Plus on est riche, moins on paye proportionnellement d'impôts: le phénomène est ancien, note ce rapport, mais la Droite au pouvoir l'a accentué. Principalement, pendant les années Chirac. La politique fiscale de Nicolas Sarkozy a elle, plutôt choyé les rentiers, les détenteurs de gros patrimoines.Les autres. Une métaphore médicale pour qualifier la zone euro: "ses problèmes sont passés de graves à chroniques" affirme le patron du Conseil de stabilité financière, chargé de surveiller le système bancaire mondial. Dans cette zone euro, le chômage atteint son point le plus haut depuis 13 ans: 10,8%, selon Eurostat. Ca fait plus de 17 millions de chômeurs.

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