C'est le 19 décembre dernier. 15 jours après le premier article de Médiapart, sur le "compte suisse" de Jérôme Cahuzac. Le ministre, depuis, multipliait les démentis. Le plus fort, devant les députés: "je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant, ni avant". A Bercy, ce 19 décembre, le ministre reçoit plusieurs journalistes de la rédaction de France Inter. "Venez. Y compris avec l'un de vos enquêteurs", a précisé son cabinet. Autrement dit : "toutes les questions sur l'affaire pourront être posées". A la sortie, les affirmations "off" du ministre ne changeront pas fondamentalement l'impression qui se dégage de ses déclarations publiques. Jérôme Cahuzac rejette toutes les accusations portées contre lui. Et d'abord, l'enregistrement. On le sait, sa révélation a ébranlé plusieurs de ses amis politiques. "Jusqu'au Premier ministre" a affirmé, sous le sceau de la confidence quelques jours plus tôt, un député qui croit bien, lui, avoir reconnu sa voix. A table, le ministre, comme en public, a dû mal à dire "ce n'est pas moi sur cette bande". Il préfère expliquer que son frère ne l'a pas reconnu, "même si pendant 4 ou 5 secondes", la voix de l'enregistrement ressemble à la sienne. Pourquoi ne porte-t-il pas plainte pour faux? Il esquive. Comme à chaque fois, finalement, que la question se fait précise, il répond par un principe: "ce n'est pas à moi de prouver que je n'ai pas de compte". Sa stratégie, à ce moment-là, explique-t-il: "laisser mes accusateurs boxer dans le vide". "Je n'ai pas l'intention de sauter à la corde au rythme qu'Edwy Plenel veut imposer". C'est troublant, il se défend mal mais est-ce que ça fait de lui un coupable? Jérôme Cahuzac évoque sa famille, ses enfants, le contexte "personnel" de cette affaire (son divorce, en cours), le contexte politique aussi dans sa circonscription. Il s'étonne de l'existence de détectives enquêtant sur lui, reconnaît, aussi, être aidé par des communiquants: "heureusement, que des amis restent fidèles". Ce jour-là, il a l'air profondément affecté. Mais par quoi? Par "l'injustice" qui le frappe, ou par la révélation d'un passé qu'il sait pouvoir arrêter net, son ascension politique? On prend peu de notes pour ne pas le quitter des yeux. On repart sans pouvoir trancher définitivement.

En douceur. Un rapport préconise de réformer, en douceur, l'assurance-vie. Il a été remis, hier, à l'Assemblée nationale, à Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve (en pleine "tempête Cahuzac"). Il est signé par 2 députés socialistes, Karine Berger et Domnique Lefebvre. Les Français détiennent 3 mille 600 milliards d'euros d'épargne financière. Une manne qui fait des envieux. 40% sont placés en assurance-vie. Les 2 rapporteurs proposent de réorienter 100 milliards d'euros (à peine 3% du total, donc) vers le financement des PME et les ETI (les entreprises de taille intermédiaire). Pour cela, ils préconisent, notamment, la création d'un nouveau contrat d'assurance-vie, permettant des investissements plus risqués. Et pour inciter les plus riches à y souscrire, le rapport propose de réduire les avantages fiscaux pour les contrats "classiques" dépassant les 500 mille euros d'encours. Les assureurs qui, craignaient beaucoup les conclusions de ce rapport, semblent... rassurés!L'espoir à Pétroplus: 2 offres de reprises de la raffinerie de Petit-Couronne ont été validées, hier, par les administrateurs judicaires. C'est au Tribunal de Commerce de Rouen, maintenant, de les examiner.

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