Ceux qui ont croisé Pierre Moscovici, hier à Bercy ne décrivent pas le même homme. "Je l'ai trouvé décomposé, lessivé" dit l'un. "Non, fidèle à lui même", dit, au contraire un autre, qui a assisté à l'un des pots de départ, organisés hier au ministère. "Fidèle à lui-même, c'est-à-dire assez fermé, timide, pudique. Et qui, à ses équipes, n'a eu que des mots très classiques en pareille circonstance: "merci pour le travail effectué. On a fait le maximum. Comptez sur moi". "Mais, même pour dire ça, dit ce témoin, il lisait des notes". "Pas du tout" dit un 3ème conseiller, qui comme le ministre a fait ses cartons, hier: "c'était une journée particulière, en état d'apesenteur, un moment unique où mes futurs ex-collègues ont cessé d'être des dossiers sur pattes pour redevenir des vrais gens". "Pierre Moscovici, lui, a surpris", raconte ce conseiller: "il s'est montré sous un autre jour, sans son costume de ministre, plein d'humour. Savez-vous qu'il imite, parfaitement Jacques Chirac?". La journée de Pierre Moscovici, hier, devait être, ainsi, de sentiments mêlés. Content du travail accompli sans doute. Déçu de devoir partir, amer peut-être. Rassuré, aussi, de savoir qu'on va le proposer, à l'automne, au poste de Commissaire européen, à Bruxelles. "Son pot de départ était triste" dit l'un des témoins de cette journée parce que beaucoup trouvent son départ injuste. "Il s'en va, et Sylvia Pinel, elle, reste au gouvernement: c'est ça la politique". Le sort de Pierre Moscovici semblait scellé depuis plusieurs semaines, mais son remplacement, au portefeuille des Finances, par Michel Sapin, un profil très proche du sien, est d'autant plus cruel. Au passage, cette petite vacherie: "Sapin, c'est Moscovici sans l'anglais" (l'usage de l'anglais que le sortant maîtrise parfaitement). Pour expliquer ce départ forcé, les désormais anciens conseillers de Pierre Moscovici rejettent les critiques décrivant un Mosco dilettante, dispersé. "Non, c'est un bosseur" au contraire, qui a été emporté par la masse des dossiers. "Ses 12 premiers mois ont été consacrés à la crise, aux banques. Puis, l'affaire Cahuzac lui a pris 2,3 mois de plus". Et après? "Après, il a eu du mal à imprimer", lâche un proche, parce qu'il voulait toujours rester loyal au Président. Son coup sur le "ras-le-bol fiscal" est parti parce qu'il rentrait de vacances, pas concentré. "Une semaine plus tard, il aurait réfléchit plus vite, et n'aurait rien dit". On lui disait pourtant: "il faut cliver, imprimer, faire du "strory telling", pour prendre du poids politique, et devenir incontournable". Soit exactement la méthode utilisée par voisin de bureau, Arnaud Montebourg. Voilà Michel Sapin, prévenu.

Attention! La crise en Ukraine inquiète le Fonds Monétaire International. "Si cette crise est mal gérée, elle pourrait avoir de vastes retombées sur l'économie mondiale" a estimé hier, la Directrice générale du FMI. Christine Lagarde pointe, à ce stade, les impressionnantes sorties de capitaux de Russie, opérées avant même l'application des sanctions contre Moscou. On estime que 60 milliards de dollars ont été déjà retiré du pays. En ce qui concerne l'Ukraine, elle espère que les tensions géopolitiques actuelles n'entraveront pas la mise en place du plan d'aide à Kiev que le FMI prépare.Attendez. L'Allemagne de dote d'un SMIC. Le gouvernement de coalition, à Berlin, a adopté, hier, son principe. 8 euros 50 de l'heure (il est à 9,50 bruts, ici). 4 millions d'Allemands devraient en bénéficier mais certains devront attendre sa généralisation totale. Pas avant 2017.

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