Certains se posent la question -c'est souvent les "anti-bagnoles"- mais, après tout, elle est légitime : pourquoi promettre d'en faire autant pour ce secteur (on s'apprête à lui accorder des millions d'euros, en France et des milliards de dollars, aux Etats-Unis) alors qu'il y a quelques mois à peine, on ne parlait que de la fin du pétrole et avec, de la fin de la culture du tout-voiture ! Evidemment, face à cet argument, il y a celui de la réalité sociale du pays : l'automobile -directement ou indirectement- donne du travail à 10% des Français. L'automobile "tire" tout plein d'autres industries : le verre, le plastique, la métallurgique, l'informatique. C'est une "super-industrie" en fait, dont on ne peut pas se passer. On sait que le marché ne va pas bien, en ce moment, mais chaque mois, ce sont quand même, autour de 150 mille voitures neuves qui sont vendues, en France. Et aux Etats-Unis -où les immatriculations ont chuté de plus de 30%, le mois dernier (chiffres publiés hier)- les ventes mensuelles se comptent, quand même, en millions. Bref, le marché reste un immense marché. En revanche, c'est un secteur qui est en train de vivre une profonde mutation. Les salariés de PSA ou de Renault, dénoncent les suppressions de postes et le chômage partiel qu'ils subissent en cette fin 2008. "C'est le résultat d'une logique purement financière", disent-ils. Pour certains économistes, ces salariés paient surtout aujourd'hui, les erreurs stratégiques commises par leurs patrons, qui ont mal anticipé le virage qui est en train de s'opérer. Par exemple, en continuant à multiplier les modèles, les versions et les options quand le consommateur réclame, lui, tout autre chose : de la simplicité, notamment ! "La crise a bon dos" disent les syndicats. C'est vrai, pour l'automobile, c'est peut-être la logique industrielle passé qu'il faut accuser, avant la logique financière. On vote aujourd'hui, partout en France ! Certains bureaux ont ouvert dans la nuit, près des chaînes de production, pour permettre à tout le monde de voter : ce sont les élections prud'homales. Plus de 19 millions de salariés et d'employeurs sont appelés à désigner ceux qui jugeront les litiges du travail : plus de 14 000 conseillers prud'homaux, au total. Pour les syndicats, c'est aussi une façon de se mesurer, et se comparer. En 2002, la CGT était arrivée en tête. Suivie par la CFDT et Force ouvrière. L'EPR, ça coûte cher. Et même bien plus cher que prévu. EDF s'apprête, selon la presse de ce matin, à admettre une hausse de près de 20% du coût de son prototype de nouveau réacteur, actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche. On atteint la barre des 4 milliards d'euros. Le coût du mégawatt/heure, le prix de l'électricité, autrement dit, sera, donc, plus cher, au final. Quelle relance ? (suite) Le Plan de Nicolas Sarkozy, c'est pour demain. Pour soutenir le secteur automobile, on parle d'une nouvelle "prime à la casse" de mille euros.

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[Le blog de Gilles Le Blanc](http://www.rue89.com/bazar "Il a inspiré cette chronique.br /

Il est professeur Mines Paris Tech (ex-Ecole des Mines). Spécialiste des questions industrielles.")

Il a inspiré cette chronique. Il est professeur Mines Paris Tech (ex-Ecole des Mines). Spécialiste des questions industrielles.

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