Et c'est d'abord l'histoire d'une photo. Publiée dans Paris Match, en septembre 2008. Il y a plus d'un an. C'est une photo prise, en pleine nuit (2h40 dit la légende), dans le bureau de Christine Lagarde, à Bercy. On est alors en pleinte tempête financière. Les banques menacent de tomber, les unes après les autres, et cette photo, on l'imagine, doit servir à nous rassurer: pendant que nous dormons, l'Etat veille. Et travaille à sauver le système financier et nos économies. Autour de la ministre, plusieurs conseillers: les siens évidemment, ceux de Matignon, un de l'Elysée (que le public apprendra à connaître plus tard: François Pérol) et enfin -beaucoup plus surprenant- Michel Pébereau! Pourquoi donc, le président de BNP Paribas est-il présent cette nuit-là, à Bercy alors que l'urgence est de trouver une solution pour sauver une banque... concurrente de la sienne... la banque Dexia. Il faisait alors ce qu'il fait, tous les jours: il conseille! La ministre, le gouvernement, le Président de la République. Il est si présent que certains décrivent BNP Paribas, comme "l'autre ministère de l'Economie"! Alors, Michel Pébereau, dans un rôle de "grand sage", après tout, pourquoi pas: il connaît le secteur bancaire et ses mécanismes les plus complexes, comme personne! Sauf qu'il n'oublie jamais, au passage, de servir les intérêts de sa banque. Ses concurrents aiment à le rappeler. Et les faits, comme le rachat de Fortis -la vraie "bonne affaire" de cette crise!- ne les contreduisent pas vraiment. Son influence n'a-t-elle pas encore pesé (et cette fois-ci pour le bien y compris de ses concurrents) quand il a fallu définir les modalités du Plan d'aide aux banques françaises. Ce Plan leur a été très favorable, finalement: pas d'entrée de l'Etat dans leur capital et un remboursement de l'aide qui a pu se faire très vite et surtout quand elle l'ont décidé. Elles, et pas l'Etat! Conclusion pour beaucoup: l'influence de la BNP, jusqu'au plus haut de l'Etat, est bien réelle. Ce n'est pas que du fantasme. On peut résumer, du coup, la situation ainsi: aux Etats-Unis, il ont Goldman Sachs. Nous, on a la BNP! Après les ministères, les organismes publics vont devoir faire des économies! Mais ne parlez surtout pas de rigueur. Officiellement, il n'en est pas question! Ca y ressemble pourtant grandement: Eric Woerth réunit, aujourd'hui, au ministère du budget les dirigeants de ces organismes publics, comme Météo France, le CNRS, les Parcs nationaux ou encore les Musées nationaux (en grève, hier). Le ministre va leur annoncer une forte réduction de leurs dépenses... un "coup de rabot" de 10% sur leurs dépenses de fonctionnement. Et une réduction de 5% de leurs effectifs. Soit plus de 10 000 postes supprimés, dans les 3 ans à venir. Eric Woerth, dans les Echos ce matin, se prononce également pour l'inscription dans la Loi de règles budgétaires contraignantes. Jusqu'ici, il s'y opposait. Il s'agit, pour lui,d'imposer, pourquoi pas dans la Constitution (comme en Allemagne), une limite maximale au déficit budgétaire, voté chaque année, au Parlement. PSA Peugeot Citroën s'apprête à prendre le contrôle du japonais Mitsubishi. C'est un journal, à Tokyo, qui l'affirme ce matin: le constructeur français serait en train de finaliser un Accord pour entrer à hauteur de 30 -voir 50%- dans capital de Mitshubishi, en grande difficulté.

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