Nicolas Sarkozy entame, demain, une visite de 4 jours en Inde. Elle sera, évidemment, consacrée en grande partie, aux dossiers économiques et commerciaux. Et peut-être qu'au cours de ce séjour, le Président de la République se fera-t-il raconter les malheurs de la Tata Nano. La "Nano", c'est cette voiture qui présentée, comme "la moins chère du monde". Lancée au cours de l'été 2009, elle est chargée, tout simplement, de révolutionner l'automobile mondiale! Mais, voilà, son lancement, en Inde, est en train de virer au fiasco. Hier, on a appris que Tata, son constructeur, n'en a vendu que 509 exemplaires, le mois dernier. Alors qu'elle devrait, au contruire, être portée par l'effet de nouveauté, ses ventes plongent de 85%! Après 1 an et demi de commercialistion, 70 mille Tata Nano, seulement, ont été vendues en Inde. On est très loin des prévisions affichées au moment de son lancement. Et on est à des "années lumières" de l'objectif fixé: convertir les Indiens les plus modestes à la voiture. Le lancement de la Nano à ce stade, c'est, en fait, une sucession de ratages, de mauvais coups et malchance. Le premier des ratages mais il est fondamental, et donc peut-être fatal, c'est sans doute son prix! Tata n'a pas réussi à le maintenir aussi bas qu'il l'annonçait. La flambée des cours des matières premières a ruiné son idée de maintenir la Nano en dessous de 2.100 euros. Tata a dû, déjà, procéder à 2 augmentations de tarifs. La Nano s'achète à Bombay, aujourd'hui entre 2.300 et 3.200 euros. Elle est, sans doute, devenue trop chère pour les plus modestes. Qui ont, par ailleurs, du mal, à accéder au crédit à la consommation, en Inde. Mais Tata a aussi rencontré d'énormes difficultés avec l'usine qui devait construire la Nano. Il a même dû renoncer, à s'installer dans l'Est de l'Inde, à Singur, après des manifestations de paysans qui réclamaient d'être correctement indemnisés pour la perte de leurs terres. Il y a eu, du coup, une rupture d'apprivisionnement, qui n'a pas plu au clients, certains devant passer par un tirage au sort pour pouvoir passer commande. Mais le coup le plus dur, pour la Nano, c'est cette série d'incidents sur plusieurs voitures. Des Nano qui ont spontanément pris feu. C'est embêtant. On évoque 5/6 cas. Le construteur parle de causes "externes": le chargement excessif de la voiture, ou encore l'installation d'auto-radio trop puissants. L'image de la Tata Nano pourrait être gravement -et définitivement- écornée par cette histoire. L'homme qui parlait à l'oreille des marchés. Jean-Claude Trichet a réussi, hier, à rassurer les marchés. Ce que le Plan de sauvetage européen, dévoilé dimanche dernier, n'a pas réussi à faire, le président de la Banque Centrale Européenne l'a obtenu hier: un apaisement général sur tous les marchés. Hier, les places boursières sont reparties à hausse. Le marché des dettes publiques en Europe s'est détendu et l'euro a repris des couleurs. Tout ça s'est produit après des propos et des décisions jugés rassurants de Jean-Claude Trichet. La BCE, hier, n'est pas allé jusqu'à faire comme son homologue américaine (la FED) qui injecte massivement des liquidités, mais elle a décidé de maintenir plusieurs de ses dispositifs "anti-crise". Comme notamment le rachat des titres de dettes des pays de la zone euro en difficulté.

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