Les patrons, grands et petits, aiment bien Pierre Bellon. Ils aiment son histoire d'abord, sa réussite: parti de rien, il a créé Sodexo (en 1966)...

Pierre Bellon
Pierre Bellon © Maxppp
PME spécialisée dans la restauration collective... et en a fait une multinationale, diversifiée (outre les cantines, Sodexo fournit des services de nettoyage, de maintenance, de conciergerie...), un leader mondial: présent dans 80 pays, 18 milliards de chiffre d'affaires, 400 mille salariés à travers le monde. Sodexo est le 20ème employeur mondial! Sodexo, au passage, c'est aussi le Lido (le cabaret), le traîteur Lenôtre ou encore les Bateaux parisiens. Les patrons aiment Pierre Bellon pour son franc-parler également. A plus de 80 ans aujourd'hui, il ne se gêne pas pour dire, sans nuance, ce qu'il pense. Et c'est souvent ce que pensent les patrons. Aux Universités d'été du Medef, ses interventions sont toujours un succès. Elles sont très applaudies, comme en 2012, où lors d'un débat, le patron de Sodexo s'était lâché. D'abord sur un mode très classique: "il y a, en France, trop d'Etat, trop de fontionnaires, trop d'échelons administratif et politiques". Plus percutant ensuite: "les agents de la fonctions publiques sont essentiellment préoccupés par la défense de leur statut,un statut anormal et injuste". Il fustigeait, aussi, le principe de précaution, inscrit dans la Constitution: "lamentable" selon lui. Enfin, Pierre Bellon avait été ovationné, en lançant: "si François Hollande tient ses promesses, la France est foutue!". [Hier, dans le Figaro, Pierre Bellon, dans une interview, est revenu sur ses propos tenus, il y a 1 an et demi](http://www.lefigaro.fr/societes/2013/12/01/20005-20131201ARTFIG00126-sodexo-pierre-bellon-fier-de-sa-succession-exemplaire.php). Et sans surprise, il les maintient: "nous assistons, aujourd'hui, dit-il, à une dégringolade économique et sociale de notre pays". Mais Pierre Bellon, président-fondateur de Sodexo, hier, voulait surtout annoncer qu'il vient de régler la question de sa succession à la tête de son entreprise. Un moment important, attendu. Et c'est sa fille Sophie qui a été choisie. Sodexo est une société cotée en bourse, mais la famille Bellon possède la majorité des droits de vote: elle reste, donc, maître chez elle. Mais Pierre Bellon avait un problème: plusieurs de ses enfants prétendaient à sa succession. Lui refusait de choisir, et leur répétait "qu'il ne faut pas confondre arbre généalogique et organigramme". Il s'en est, donc, remis à 4 administrateurs, qui ont organisé la compétition, et finalement choisi. Une succession "exemplaire" conclut Pierre Bellon. **Dernière chance?** A Bali, l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce, joue sa survie à partir d'aujourd'hui. On a dit ça très souvent... peut-être qu'en fait l'OMC est déjà morte d'ailleurs. En tout cas, aujourd'hui, sur l'île indonésienne de Bali, commence [une nouvelle conférence ministérielle mondiale](http://www.wto.org/french/thewto_f/minist_f/minist_f.htm) pour tenter de boucler le "cycle de Doha", lancé il y a presque 13 ans maintenant. Le but est de libéraliser un peu pluss encore les échanges commerciaux, dans une démarche multilatérale, mais après les échecs de Cancun (en 2003), Hong Kong (en 2005), puis Genève (2 fois: 2009 et 2011), plus personne n'y croit. C'est toujours le dossier agricole qui bloque: l'Inde notamment met son veto à tout Accord qui lui interdirait de subventionner massivement son agriculture.
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.