Récession, stagnation séculaire, déflation: pour le commun des mortels, peu importe, une crise est une crise, le chômage, une épreuve. "Récession, stagnation ou déflation?", c'est malgré tout le débat, très vif, qui anime les économistes, les décideurs, depuis de nombreux mois. Pour eux, l'enjeu est crucial: comprendre ce qui se passe, c'est le début de la solution. Tout récemment, un banquier français tranchait la question. C'était à la fin d'un déjeuner. Entre le "bar polenta rustica aux chips d'artichaut et roquette" et la "salade de fruits d'hiver", il lâche sa formule-choc: "on devient japonais. Depuis cet été, on est de plus en plus japonais!". Traduction: la France court tout droit vers le pire des scénarios: la déflation, ce cycle infernal de baisse des prix, des revenus, et de la croissance. Tel que l'a connu, que le vit encore le Japon. On deviendait "japonais", donc, condamnés à de longues années de soufrances. Pour beaucoup (Arnaud Montebourg par exemple, parlant, hier, de "vaste suicide économique"), c'est le résultat des politiques d'austérité, menées en Europe. Elles ont enclenché l'horrible engrenage, qui commence par la disparition de l'inflation. Les derniers chiffres le confirment: l'inflation en France se rapproche de zéro. Elle est même déjà négative, si on retire l'effet de la hausse de la TVA intervenue au tout début de cette année, et qu'on a tendance à oublier. Les prix, en France, reculent donc, bel et bien. Mais est-ce pour autant le début d'une longue période de déflation? La déflation, c'est un processus auto-entretenu: les ménages, qui anticipent une baisse des prix, arrêtent de consommer, attendent. Ce qui pousse à moins produire, à moins investir, à limiter les salaires pour baisser les prix et rester dans la course... ce qui entretient l'idée que les prix baisseront, encore et encore. Il est là l'engrenage. En est-on là? Non. Si les prix reculent, c'est largement dû à la baisse du prix du pétrole et de l'énergie. Pour les ménages, c'est plutôt vécu comme une bonne nouvelle. Ils continuent à consommer (un peu). Les salaires, eux, progressent encore (un peu). Il reste, donc, des raisons d'espérer (un peu).

Spirale. Thierry Lepaon est-il en sursis à la tête de la CGT? La question se fait de plus en plus pressante, après de nouvelles révélations visant le leader syndical. Après les travaux de son appartement de fonction, après la rénovation de son bureau, ce sont ses indemnités, touchées lors son départ de la CGT Basse-Normandie pour la confédération, qui sèment le trouble. Pour un cadre (anonyme) de la CGT, cité par l'AFP, ce sont des "fautes politiques. Thierry Lepaon doit en tirer les enseignements". Quoiqu'il en soit, rien ne se passera avant les élections professionnelles dans la fonction publique, cette semaine, mais la Commission exécutive nationale du syndidat est convoquée, la semaine prochaine, pour "prendre toutes les dispositions nécessaires".

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