C'est un mail comme les députés européens ont pris l'habitude d'en recevoir: "Monsieur le député", écrit le lobbyiste au Parlement de Strasbourg, "je viens d'être interpellé par un groupe financier qui est frappé par la rudesse de vos propositions. Je pense, entre autres, à l'amendement 63 qui fixe à 500 mille euros le montant maximal du salaire d'un patron de banque, dans le cas où son entreprise bénéficierait d'une aide de l'Etat". Suit une proposition de rendez-vous. Rendez-vous qui a bien eu lieu, et au cours duquel le député européen sollicité a appris que c'est le groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne qui venait ainsi défendre le salaire de son patron, François Pérol. C'est ce genre d'histoires, ce genre d'interventions de groupe de pression ("tous les jours, tout le temps", dit-il) qui a donné une idée au député européen Pascal Canfin, élu d'Europe Ecologie. Cette idée, elle va prendre forme aujourd'hui, avec la création de "Finance Watch", un "Greenpeace de la finance". 5 députés européens soutiennent, en fait, l'initiative (de droite et de gauche), et plus de 40 organisations s'y joignent (syndicats, ONG, Associations de consommateurs et d'épargants). L'idée, donc, c'est de se donner les moyens de contrebalancer le pouvoir du lobby bancaire, qui s'immisce, aujourd'hui, partout. A tous les niveaux. Dans toutes les étapes de rédaction d'un texte européen. Le parallèle avec Greenpeace n'est pas utilisé, par hasard. Pour les Lois qui abordent les questions d'environnement, l'ONG sait se faire entendre. Elle est consultée comme d'autres. Le WWF, par exemple. Ces organisations peuvent, ainsi, développer leurs arguments face à ceux, avancés logiquement par le secteur chimique notamment. Ensuite, c'est le rapport de force qui joue. Mais voilà le problème: pour la finance aujourd'hui, rien de tel n'existe. Il n'y a pas de contre-pouvoir à la puissante communication des banques alors que 25 textes européens -passés ou à venir- traitent, ou veulent traiter, de la régulation du secteur. Ce sera, donc, l'un des objectif de "Finance Watch" qui se réserve aussi le droit d'organiser (comme Greenpeace...) des opérations très médiatiques pour pointer telles ou telles dérives, ou "double discours" des uns et des autres. Première idée suggérée: attraper, d'une manière ou d'une autre, François Pérol (tiens... encore lui!) qui pourrait toucher, cette année, un "bonus", représentant 200% de son salaire fixe. En totale contraction avec les règles édictées par le G20. Precision: En fait, 88 députés européens soutiennent l'initiative. Les 5 députés évoqués dans la chronique animeront le comité de pilotage. Un rapport de la Cour des Comptes dénonce la gestion du Port de Marseille. C'est le Figaro qui publie, ce matin, des éléments d'un rapport qui doit être rendu public, la semaine prochaine. Il est accablant. Pour la direction du Port, pour l'Etat, et pour la CGT, syndicat majoritaire du site. Le rapport signale, ainsi, "l'absence de l'Etat de Droit. Dénonce "des dérives accompagnées de violences". La Cour des comptes affirme que les conducteurs de grues et de portiques, ne travaillent, de façon effective, que 14 heures par semaine (à Fos), et 12 heures à Marseille, pour des salaires qui peuvent aller jusqu'à 4.500 euros nets, par mois. Le rapport parle encore de "backchichs", du "maquis des primes" sur le Port de Marseille, et d'un absentéisme important. La hause des prix, partout. Pour faire face à la montée du prix du pétrole, Air France vient d'augmenter sa "surcharge carburant", payée par les passagers. Ca donne 20 euros de pluss pour un aller-retour long courrier.

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