Une chose, au moins, réconforte le gouvernement et la majorité: la Droite est arrivée divisée à la première réunion du "groupe de travail sur la fiscalité des ménages" (la "réforme fiscale", si vous préferez), réunion organisée, vendredi, à Matignon. "Hervé Mariton s'est dit opposé à un impôt plus progressif, Charles de Courson ne veut pas de prélèvement à la source. Et Jean Arthuis réclame un basculement général sur la TVA" raconte un témoin socialiste, une manière de se rassurer parce qu'à gauche, les débats s'annoncent tout aussi compliqués, entre ceux qui militent pour une fusion de la CSG avec l'impôt sur le revenu, ceux qui préconisent l'instauration d'une CSG progressive et ceux, enfin, qui estiment qu'il va falloir y aller "mollo". En fait, vendredi, un point seulement a fait consensus, un seul: le rapprochement du RSA, avec la Prime Pour l'Emploi. A Droite comme à Gauche, on reconnaît que les 2 dispositifs ne fonctionnent pas correctement, et on veut bien revoir le système. Mais, pour le reste, c'est le "grand" flou même si le gouvernement semble assez déterminé à avancer sur le prélèvement à la source. Pour Dominique Lefebvre, le député PS qui co-pilote le groupe de travail, l'objectif est de "rapprocher le moment où on perçoit son revenu de celui où l'on paie l'impôt". "C'est ce décalage, d'une année sur l'autre qui, aujourd'hui, met certains en difficulté, remplit les Centres des impôts, à l'automne. Et les permanences des parlementaires" dit-il. Rien n'est gagné, le sujet est complexe. Comme cette autre idée apparue vendredi: la fin de la déductibilité de la CSG. Aujourd'hui, une (grosse) partie de la CSG payée, par exemple, sur nos salaires est déduite de notre "net imposable". Si on mettait fin à ça, l'Etat récupérerait 9 à 10 milliards d'euros supplémentaires, qui pourraient être employés à baisser l'impôt des plus modestes. Problème: la réforme ferait alors des gagnants et des perdants. Or, la promesse est de ne léser personne. Et puis, déjà, la Droite attaque sur le thème: une CSG non déductible, c'est faire payer des "impôts sur des impôts". Sur de l'argent qu'on a pas touché. Même si c'est déjà le cas pour beaucoup d'autres (on ne déduit sa taxe d'habitation de son revenu imposable, par exemple), le débat, en partant sur cette base-là, pourrait tuer dans l'oeuf cette proposition.

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Top départ. 50 milliards d'économies, c'est parti! Ca commence ce matin, dans le bureau de Bernard Cazeneuve, à Bercy. Le ministre du Budget entame une première série de rencontres avec ses collègues ministres pour trouver où ces 50 milliards d'économies peuvent être réalisées en 3 ans: 2015, 2016 et 2017. Ce n'est peut-être pas un hasard: c'est Cécile Duflot qui sera, ce matin, la première reçue: les aides au logement, au secteur immobilier sont dans le collimateur de Bercy.Oui mais bon. Le "Pacte de responsabilité" de François Hollande séduit les cadres mais ne créé pas de "choc de confiance": c'est ce qui ressort de la nouvelle vague de notre "Baro Eco France Inter Viavoice HEC Le Figaro". Les baisses des charges promises aux entreprises sont très bien accueillies, particulièrement par les cadres de PME et ceux de l'industrie... mais n'ont aucun effet sur leur moral. 65% des cadres interrogés trouvent toujours leurs équipes "peu motivées".

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