5 jours contre l'austérité: c'est comme ça qu'on pourrait présenter le 23ème Congrès de Force Ouvrière, cette semaine, à Tours. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, a donné le ton, hier. Sans surprise. Ouvrant les débats, il a dénoncé "l'orientation libérale/sociale régressive" du gouvernement, et prévenu: "si nous nous sommes félicités du rassemblement des Français (...) après les attentats, il ne saurait y avoir d'unité nationale sur les questions économiques et sociales". Vendredi, en fin d'après-midi, dans son bureau parisien de l'avenue du Maine, Jean-Claude Mailly revenait d'un enterrement. "J'en ai marre d'enterrer des compagnons de route" lâche-il (ces derniers mois, 2 de ses prédécesseurs, Bergeron et Blondel. Et d'autres encore). Comme on le comprend. Mais le secrétaire général de FO est, déjà, tout à son Congrès. Il sera sans suspens pour lui: réélu pour un 4ème mandat. "Si je continue, explique Mailly, "c'est parce que les 2 conditions nécessaires sont remplies: (1) j'en ai encore envie, et (2) la base ("les copains", dit-il) le veulent encore". C'est vrai qu'on ne lui connaît pas d'opposants, dans un syndicat tiraillé, pourtant, comme les autres, entre réformistes et contestataires. "Les débats du Congrés, cette semaine, seront chauds, comme d'habitude" explique Jean-Claude Mailly, qui sait, cela dit, que l'unité du syndicat se fera dans l'appel à la lutte contre l'austérité. "La France n'est pas la Grèce" évidemment, mais l'austérité "'made in France", est tout aussi dévastatrice, selon lui. Dans la fonction publique, la RGPP (de la Droite) a été remplacée par la MAP (de la Gauche), mais "c'est comme Coca et Pepsi". Il multiplie les exemples: les pneus lisses des voitures de la BAC, ces tronçons de routes (qu'il connaît), sans radars fixes, et sans contrôles inopinés après le 15 du mois "parce qu'il n'y a plus d'essence dans la Subaru". Il cite aussi, et surtout, ces chômeurs âgés, en fin de Droits, qu'on n'aide plus, faute de moyens. A l'heure où la CGT se choisit un nouveau patron, que l'on dit sur une "ligne plus dure", celui de Force Ouvrière estime qu'il est "temps de passer à l'action". Il va appeler à une "journée nationale de grève". Mais Jean-Claude Mailly, en vieux routier, en convient, "elle sera difficile à monter".

(Mauvaise) surprise. le prix des péages n'a pas été partout gelé! C'est pourtant ce qu'a promis le gouvernement: aucune augmentation du tarifs des autoroutes, au 1er février. Mais, dans les faits, c'est plus subtil que ça, et certains automobilistes ont dû s'en apercevoir, dès ce week-end: le gel des prix n'est pas général. L'arrêté publié ne vise que les grands réseaux "historiques". Les autoroutes ou ouvrages concédés très récemment, de petite taille ou détenus par l'Etat ne sont pas concernés. Ils ont, donc, augmenté, ce dimanche. C'est le cas de l'A41 au Nord d'Annecy, l'A88 dans le Calvados, des Ponts de Normandie, de Tancarville, du tunnel du Mont-Blanc et de l'Autoroute blanche. Et d'autres encore.

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