L'Histoire retiendra (ou pas) que c'est Delphine Batho, hier, qui a ouvert la session extraordinaire du Parlement. Discussion autour de la transposition, en Droit français, de directives européennes concernant le développement durable. Delphine Batho a pris, rapidement, la parole, son dernier acte de ministre. L'ordre du jour appelait ensuite... précisément ce qui a provoqué sa perte: le budget. Les députés ont, d'abord, examiné le bilan final de l'exercice 2012 (c'est ce qu'on appelle la Loi de règlement). Ils ont, ensuite, et jusque tard dans la nuit, débattu des objectifs budgétaires pour 2014. Entre les 2, Droite et Gauche se sont écharpés sur 2013 et le dérapage, annoncé, du déficit. L'expression agace le rapporteur général, Christian Eckert. Son ampleur (14, 20 milliards) est contesté. Mais les ministres Moscovici et Cazeneuve jurent qu'ils ne cachent rien: "c'est la transparence totale", disent-ils ajoutant, répétant que si, cette année, faute de croissance, les recettes diminuent, les dépenses, elles, sont tenues, "et c'est ça l'essentiel". Le centriste Charles de Courson résume la situation, à sa façon: "vous êtes, Messieurs, perdus dans le Triangle des Bermudes budgétaire: les dépenses baissent insuffisamment, les impôts augmentent trop, et les déficits ne se résorbent pas!". Sur les impôts, en tout cas, Droite et Gauche se sont renvoyés, pendant toute la séance, la responsabilité du "matraquage fiscal" (autre expression qui agace, à Gauche): en 2012, les hausses d'impôts sont aux 2 tiers le résultat des décisions prises par François Fillon et sa majorité. La droite doit le reconnaître mais retourne l'argument à l'envoyeur "vous vous êtes bien rattrapés, cette année!" Au final, une bonne partie du débat a porté sur la nécessité ou non de rédiger, très vite, une Loi de finances rectificative, pour 2013. Le gouvernement, la majorité (et même la Cour des Comptes) ne la jugent pas nécessaire. Elle obligerait à prendre de nouvelles mesures douloureuses, "ajouterait de l'austérité à la récession", dit-on à Gauche. A Droite, on estime, en revanche, qu'elle est nécessaire. Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances, avançant un argument "massue": notre crédibilité internationale! "Quand on a un besoin de financement de presque 200 milliards d'euros, qu'on doit aller les chercher sur des marchés financiers redevenus fébriles, avec des taux d'intérêt en hausse, on se doit d'être "sincère" dans sa gestion des finances publiques, dit Gilles Carrez. Sans quoi la France, ajoute le député UMP, risque un "accident de financement cet été".

122. Le fichier "clients" de Virgin vendu pour... 122 euros, sur internet! C'est assez incroyable: un entrepreneur toulousain a acquis ce fichier, en se connectant sur le site "liquidationsenchère.com". Il a fait une offre. 48 heures plus tard, c'est lui qui a été retenu, sans que personne ne surenchérisse vraiment. Résultat: pour 122 euros 50, il vient d'acquérir une liste d'un million 600 mille ex-clients de Virgin, la plupart avec une adresse mail valide, ce qui est précieux. Il attend, maintenant, l'accord définitif du liquidateur de la chaîne culturelle. Et cet entrepreneur l'affirme: il aimerait utiliser ce fichier pour organiser une immense collecte de fonds et tenter, ainsi, de relancer Virgin.

Sucession. La transition au Medef: Pierre Gattaz doit succéder à Laurence Parisot, aujourd'hui. Demain, celui qui vante un "Medef de combat" sera reçu (comme les autres partenaires sociaux) à Matignon, par Jean-Marc Ayrault. Pour parler de la réforme des retraites.

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