C'était l'anniversaire, hier, d'une promesse tenue par la Gauche au pouvoir. Ces moments-là sont-ils si rares? En tout cas, Marisol Touraine n'a pas voulu le laisser passer. Hier, au 7ème étage de son ministère, avec vue imprenable sur la Tour Eiffel, elle organisait un "pot de départ à la retraite": discours, photo de famille, petits-four: rien ne manquait. La ministre des Affaires sociales célébrait ainsi la retraite d'une vingtaine de personnes... des "jeunes retraités" (comme le précisait l'invitation) qui ont bénéficié du dispositif "carrières longues". C'est ce dispositif qui permet, à des personnes ayant travaillé tôt (et acquis le nombre d'annuités suffisant) de partir à 60 ans, alors que l'âge légal est désormais repoussé à 62 ans. Marisol Touraine, dans son discours, rappelle que ça fait, donc, 2 ans jour pour jour qu'elle a signé ce décret (le 2 juillet 2012)... une mesure de "justice" répète-elle plusieurs fois. "Quand j'entends dire qu'en cette période de difficultés, on aurait dû se passer d'une telle largesse", dit-elle, "moi je dis non, c'est une mesure juste: vous avez cotisé 42 ans, 43, 44, 44 ans et demi pour certains d'entre vous, vous avez mérité de partir plus tôt". 115 mille personnes ont bénéficié, à ce stade, de cette mesure. Lilas, l'une des fêtés du jour au ministère, a gagné, dit-elle, une "bonne année", après une carrière passée au service courrier d'un grand groupe, mais terminée en pointant au chômage. "On ne me proposait que des mi-temps, dans des métiers qui n'avaient rien à voir... je suis mieux à la retraite". Marie-Christine, ex-assistante sociale, explique, elle, que ce départ anticipé lui permet de s'occuper de son mari, malade. Gisèle (15 ans dans le privé, 30 dans l'administration) raconte que ce départ à retraite à 60 ans, elle l'attendait "avec impatience": "Vous verrez, dit-elle... passés 55 ans ça devient difficile d'aller au boulot". On verra... Toutes ces histoires, en tout cas, viennent parfaitement illustrer le propos du jour de la ministre. Une fête, une opération de com', cela dit, quelque peu gachée hier, par l'annonce, le matin matin même, du recul gouvernemental sur le compte pénibilité, l'autre promesse faite aux futurs retraités, la prise en compte de leurs conditions de travail. Il n'y a "ni recul, ni renoncement" tente la ministre, subitement rattrapée par l'ambiance du moment: le pacte de responsabilité, les 50 milliards d'économies. Bref la "politique de l'offre", la politique pro-entreprise qu'il y a "2 ans, jour pour jour", la Gauche au pouvoir ne vantait pas du tout.

Allo quoi? Le marché des télécoms... toujours aussi bouillonnant en Europe! Avec cette question, des marchés nationaux à 3 opérateurs seulement vont-t-ils devenir la norme? C'est la bataille du moment, entre ceux qui souhaitent cette concentration (pour rétablir les marges du secteur, "favoriser l'investissement", disent-ils) et ceux qui craignent, en conséquence, une augmentation du prix des abonnements. Hier, Bruxelles a donné l'impression d'avoir tranché, en autorisant, en Allemagne, le rapprochement -sous conditions-, de E-Plus et Telefonica. Le marché, là-bas, va passer de 4 à 3 opérateurs. En France, c'est un mouvement qui est aussi envisagé mais, hier, Orange y a coupé court en annonçant renoncer à racheter Bouygues Telecom. L'opération se négociait, en secret, depuis plusieurs semaines. L'idée, en fait, était que Orange et Free se partagent Bouygues, ses antennes, ses fréquences, ses clients et ses salariés. L'affaire a capoté en raison du prix mais aussi, précisément, des conditions de ce partage.

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