On trouve cette histoire dans l'un des chapitres les plus intéressants du bouquin, que publie, ces jours-ci, Martin Hirsch, l'ancien "haut-Commissaire" de Nicolas Sarkozy (c'est votre invité, tout à l'heure Nicolas). Ca se passe, effectivement, dans le train: un aller-retour Paris St Etienne, que Martin Hirsch, avant son entrée au gouvernement, effectue avec un "grand industriel" français (il ne donne pas le nom). Martin Hirsch, pendant le trajet lui explique qu'il est en train de monter son Agence des nouvelles solidarités actives, et qu'il est a recherche d'argent. Notamment privé: les donations d'entreprises ou de riches particuliers sont les bienvenues, lui dit-il. Le grand patron l'écoute. Lui dit tout son intérêt pour son initiative, mais ne propose à aucun moment, de faire un don. Alors qu'un récent classement affirme qu'il gagne, quelque chose comme 7 millions d'euros, par an! Dans le train du retour, Martin Hirsch repart à la charge, en se demandant à haute voix pourquoi les riches en France donnent si peu aux Associations caritatives. Réponse sidérante du grand patron du CAC40: "cher ami, c'est parce les biens que les riches convoitent coûtent cher, et augmentent encore plus vite que leur salaire: les ventes à Drouot (lui dit-il), les montres de collection, l'immobilier. "Les biens qui intéressent les gens fortunés connaissent, vous savez, une forte inflation"! Martin Hirsch s'étouffe. Par la suite, toutes ses sollicitations, auprès de ce grand patron (notamment après l'instauration du bouclier fiscal), pour financer de "grandes causes" resteront lettre-morte. Pour l'ancien patron d'Emmaüs, cette anecdote confirme 2 choses: d'abord, il existe bien une spécificité française: les riches Français donnent moins que les pauvres Français! Et les statitisques confirment ce qu'il a pu constaté, lui, sur le terrain: il arrive, dans les Associations, toujours pluss de petits chèques de petites gens que de gros chèques de gros donateurs! L'autre conclusion que tire Martin Hirsch de cet aller-retour Paris-St Etienne, c'est que la question des grosses rémunérations, en France, n'est pas qu'anecdotique. Ce n'est pas qu'une série de scandales isolés ; l'addition de cas particuliers. La répartition de la richesse, en France, est un problème, écrit-il: ces 20 dernières années, 10% des Français les plus riches se sont accaparés les 3 quarts des richesses produites: il faut remédier à ça. Pour définitivement marquer les esprits, Hirsch rappelle que le milliard d'euros que BNP-Paribas verse, cette année, à ses traders, c'est quasiment le coût de son RSA! "Sale journée", hier, pour les agences de notation. Depuis le début de la crise, elles sont accusées de ne pas faire correctement leur travail: de créer la panique, et de sacrifier leur éthique professionnelle, au nom de la défense de leurs parts de marchés. Hier, à l'occasion d'une série d'auditions au Congrés américain, des anciens salariés d'une de ces agences -Moody's- sont venus confirmer ses accusations: "la croissance de l'activité était une priorité" affirme l'un et "l'intimidation servait à rendre les analystes de l'agence "dociles" pour maintenir les meilleures notes (les fameux "triple A") à des produits financiers, pourtant bourrés de subprimes! Au même moment en Europe, l'Allemagne, hier, se joignait aux initiatives de Bruxelles et de la France pour mieux encadrer, et surveiller, ces agences de notation. Coup de rabot. "Un coup de rabot de 10% des niches fiscales, et la suppression de certaines d'entre elles: François Fillon confirme, ce matin, la piste privilégiée par le gouvernement pour réduire le déficit. 1 milliard. Un déficit creusé un peu plus que prévu par la réforme de la Taxe professionnelle: "Les Echos" révèle, ce matin, qu'elle va coûter, finalement, 1 milliard d'euros de pluss que prévu à l'Etat. Dit autrement: la réduction d'impôt, accordée cette année aux entreprises, est plus forte qu'annoncée!

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