(Une chronique de Sara Ghibaudo) C'est l'événement le plus attendu cette année en bourse: le site des achats groupés a déposé hier son dossier auprès des autorités américaines pour lancer un appel à l'épargne. Groupon, c'est une sorte de réseau social à but très lucratif. Tous les jours, il vous propose des services à prix réduit chez des commerçants de votre ville: un repas au resto, une séance de coiffure ou de massage (sa cible ce sont plutôt les femmes). Un réseau social de crise, peut-être: en deux ans 50 millions de consommateurs dans plus de 40 pays se sont inscrits pour acheter les "coupons". Pour son jeune fondateur, cette introduction en bourse sent le jackpot assuré. Andrew Mason, 30 ans, jean et basket: l'archétype du patron de start-up "cool". Son premier site internet, c'était pour collecter des fonds et construire un dome de verre pour protéger Chicago du froid, cela n'a pas marché. Andrew Mason a refusé l'année dernière une offre de rachat à 6 milliards de dollars de Google. Pourtant, il a perdu plus de 400 millions de dollars l'année dernière, et encore 150 millions au premier trimestre. Des concurrents se créent un peu partout, et son modèle économique peut en soi inquiéter. Les commerçants doivent consentir un gros rabais, puis verser près de la moitié du prix de vente à Groupon. Malgré la publicité et l'afflux de clients pas facile à gérer, ils ne s'y retrouvent pas toujours. Groupon a-t-il remis les pieds sur terre? Aujourd'hui l'entreprise espère plus modestement obtenir 750 millions de dollars. Le mois dernier, les investisseurs se sont précipités pour acheter les premières actions du réseau social linkedIn ou du chinois Renren. Depuis les cours sont retombés. Pour les analystes rabat-joie qui se souviennent de 1999, c'est le retour de la bulle internet. Un nouvel avertissement sur la dette des Etats-Unis: après Standard and Poors en avril, c'est l'agence de notation Moody's qui a prévenu le Congrès américain hier. Les Etats-Unis risquent de perdre leur bonne note de solvabilité, le triple A, si un accord n'est pas trouvé rapidement entre les élus et la Maison Blanche. La dette publique a atteint il y a deux semaines le plafond fixé par la loi, 14 000 milliards de dollars. Le 2 aout, les Etats-Unis pourraient se retrouver en cessation de paiement sur certaines obligations. Pour voter des crédits supplémentaires, les républicains demandent des coupes dans les dépenses publiques et refusent d'augmenter les impôts. La Grèce donne des gages à l'Europe. Georges Panpandréou présente aujourd'hui de nouvelles mesures d'économies au chef de file des pays de la zone euro, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Le premier ministre grec qui a besoin d'une aide supplémentaire a accepté de nouvelles hausses d'impots et des suppressions de niches fiscales pour plus de 6 milliards d'euros... Les Portugais votent dimanche pour choisir leur prochain gouvernement, mais la politique économique est déjà toute tracée. Les principaux partis acceptent le plan d'austérité négocié en échange d'une aide de 78 milliards d'euros de l'Europe et du FMI.

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