Un "terroriste", c'est ainsi que Daniel Bouton, le patron de la Société Générale, avait qualifié Jérôme Kerviel juste après la révélation de cet énorme scandale, en janvier 2008: la perte de 5 milliards d'euros sur les marchés financiers. Quelques mois plus tard, après le déclenchement de la crise des subprimes et même la révélation de l'affaire Madoff, ces 5 milliards apparaîtront bien petits, "rien du tout", au regard des centaines de milliards de dollars et d'euros qui seront engloutis. Mais, en janvier 2008, l'annonce de cette perte sonne comme un coup de tonnerre. C'est une catastrophe pour la banque, qui désigne un homme, l'un de ses traders Jérôme Kerviel, comme le seul responsable de ces pertes. C'est cet homme qui vient de lancer une vaste offensive médiatique, ce week-end. Jérôme Kerviel est un peu partout: au 20h de France 2 hier soir, après une longue interview accordée au JDD, et avant une radio, ce matin (France Info). Depuis des mois, il rencontre les journalistes, s'explique, raconte sa version des faits. Et mercredi, il sort un livre: "L'engrenage: mémoire d'un trader". C'est clair: un peu plus d'un mois avant l'ouverture de son procès, Jérôme Kerviel a commencé à se défendre. En tentant (c'est risqué parce que ça peut énerver le juge) de gagner le soutien de l'opinion. L'opinion contre la justice qui l'accable dans son ordonnance de renvoi. Jérôme Kerviel, pour se défendre, choisit de surfer sur le sentiment "anti-banques" qui domine depuis la crise financière: ce monde devenu fou, déconnecté des réalités et qui ne cherche qu'à faire de l'argent, par tous les moyens. Jérôme Kerviel se pose en victime de ce système. C'est d'autant plus facile que la Société Générale l'a accablé, dès le début de cette affaire ("Kerviel, le terroriste", on y revient) alors que l'on sait, aujourd'hui, que la banque a fauté, elle aussi, ne serait-ce que par négligence. Ses contrôles ont été défaillants. La défense de Jérôme Kerviel peut, du coup, se résumer, ainsi: la banque, en fait, savait tout, et laissait faire! Problème pour Jérôme Kerviel: à chaque fois qu'il a été sommé de s'expliquer sur ses opérations (car c'est, quand même, arrivé), il a dû mentir. Il a même dû fournir des "faux", des documents falcifiés! Autant d'agissements qui ébranlent sérieusement sa défense médiatique. Le Plan de sauvetage de la Grèce sera-t-il suffisant?: c'est la question du jour Une aide de 110 milliards d'euros sur 3 ans en échange d'un plan d'austérité "sans précédent" en Grèce. C'est l'Accord conclu, ce week-end. Il couvre en grande partie, les besoins de financement d'Athènes jusqu'en 2012. Mais, maintenant, il faut savoir si la population grecque est prête à accepter cette rigueur massive: 1er test, mercredi, avec un appel à la grève générale. Il faut aussi attendre la réponse des marchés. L'inquiètude porte, également, sur l'impact de ces mesures sur la croissance: l'austérité, décrêtée un peu partout, hypothèque sérieusement la reprise économique en Europe. Le moral des cadres repart à la baisse , en mai, selon notre Baromètre Viavoice France Inter HEC Le Figaro Economie France 24. 72% des cadres intérrogés, dans ce sondage, affirment s'inquièter pour leur propre retraite. 63 ans en 2030. Ce matin , le monde.fr publie ce qu'il appelle les "hypothèses de travail" du gouvernement pour la réforme à venir. Elles vont forcément faire parler: un report de l'âge légal de départ en retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020, et 63 ans en 2030.

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