Deux évidences, ce matin : Lehman Brothers n'était qu'une victime collatérale et cette crise n'est pas celle des subprimes, mais bien celle des "CDS", ces produits financiers complexes, qui permettent de se couvrir financièrement face à un risque. Des contrats qui servent, en fait, de caution aux crédits (immobiliers notamment) et aux obligations. Ce sont les grands établissements financiers - banques et assurances - qui s'échangent ces titres. C'était, avant la crise, un marché énorme, dans lequel dominait une entreprise géante, elle aussi et un temps, n°1 mondiale de l'Assurance : l'Américaine AIG. Hier, pour la 3ème fois depuis septembre (c'est ce qui a fait chuter Wall Street, hier), l'Etat américain a dû sauver de la faillite cet ancien fleuron financier. 30 milliards débloqués en urgence. Après déjà 150 milliards de dollars lâchés en quelques mois. 180 milliards, donc, au total, "à ce stade" parce que le Trésor américain ne cache pas qu'il en faudra un peu plus encore ! AIG, hier, a tout simplement signé un record mondial : l'annonce d'une perte financière, au dernier trimestre, de plus de 60 milliards de dollars pour un total de presque 100 milliards pour l'ensemble de l'année 2008. 100 milliards, c'est tout simplement ahurissant pour une entreprise (100 milliards, c'est le déficit que fera la France - un pays tout entier, quand même - cette annnée). AIG, avec cette perte de 100 milliards, efface la totalité des profits qu'elle a réalisés depuis 15 ans ! Alors AIG, si elle était une entreprise "normale" serait morte depuis lontemps mais, comme on l'a compris très vite, dès septembre dernier, sa faillite est impossible. Elle est "too big to fail", "trop grosse pour faire disparaître". AIG est présente dans 130 pays, assure 100 mille entreprises, 30 millions de personnes, rien qu'aux Etats-Unis. Sa disparition affecterait l'ensemble des marchés mondiaux, y compris européens et français. Ses contrats pour les fameux CDS sont détenus aux 2 tiers par des banques et des assurances européennes ! Grosse rechute, hier, des places boursières. Comme au plus fort de la crise, des baisses, partout, de 3, 4 et même 5%. Wall Street, hier soir, a terminé sous les 7 mille points : c'est son "plus bas" depuis près de 12 ans. La bourse de Paris, elle, retrouve son niveau de 2003. Partout, c'était le déluge de mauvaises nouvelles hier. Pour le secteur financier, aux Etats-Unis. Pour la croissance, en France. Pour l'automobile, en Europe (avec, toujours, un fort recul des ventes, en France, mais surtout en Espagne, en Italie et en Belgique). L'avenir de Continental. Sous-traitant de ce secteur, Continental inquiète, à Clairvoix dans l'Oise. L'usine de pneus pourrait fermer : 3 mille emplois, directs et indirects, sont menacés. La direction allemande du groupe, qui n'a rien dit jusqu'ici, est reçue, ce matin, par le Secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel. Acheter moins cher. Les taux des crédits immobiliers sont en baisse. En 4 mois, un recul de 0,8 point. Selon le courtier Empruntis, le taux moyen des emprunts à 15 ans est passé de 5,35% fin octobre, à 4,55% aujourd'hui. Cette baisse devrait continuer.

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