Une chronique de Régis Lachaud. ____ La Commission Européenne doit adopter aujourd'hui son plan stratégique pour les dix ans qui viennent. Un programme qui s'annonce à la fois ambitieux et assez vague pour tenter d'éviter de braquer les gouvernements des 27 Etats membres de l'Union. Le texte devra être approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement à la fin du mois, lors du prochain Conseil Européen. En espérant un succès un peu plus marquant que celui de la stratégie de Lisbonne définie il y a dix ans et qui voulait faire de l'Europe, je cite "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde". Chacun peut juger du résultat aujourd'hui. Cette fois, l'objectif affiché c'est "Eviter le déclin". C'est un peu plus modeste, mais sans doute beaucoup plus réaliste, dans le contexte actuel de sortie de crise et de réduction des déficits publics, et pas seulement en Grèce. Le projet Europe 2020 évoque "une économie sociale de marché durable" entre guillemets, qu'il faut faire évoluer pour la rendre plus compétitive. Trois aspects sont mis en avant : l'importance de l'innovation avec des politiques encourageant la recherche et les projets communs. L'Europe du 21ème siècle cherche toujours des successeurs aux Airbus, Arianespace et autres grands projets industriels créateurs d'emplois et d'activité dans toute l'Europe. Second thème avancé : l'augmentation des taux d'emplois, ne serait-ce que pour arriver à financer les régimes de protection sociale et faire face au vieillissement des populations. Pour ça, la commission européenne propose de manière assez classique d'améliorer l'accès à l'enseignement et à la formation tout au long de la vie. Notamment dans les domaines des sciences et des mathématiques où les auteurs notent "des lacunes importantes". Le troisième thème, là aussi, je cite : "Une croissance plus verte". J'entends déjà les éclats de rire ou de colère, après l'annonce hier par la même commission européenne de l'autorisation de culture attribuée à la patate Amflora. Le joli nom donné à la pomme de terre transgénique que fabrique le groupe allemand BASF. Son avantage industriel est de contenir 98% d'amidon (essentiel pour la fabrication de pate à papier, notamment). C'est beaucoup plus que les patates naturelles. "Notre décision se fonde sur plusieurs analyses de sécurité réalisées par l'Agence européenne de sécurité des aliments" précise la Commission Européenne. Qui ajoute : "Chaque Etat reste libre d'autoriser ou non cette culture". L'Italie et l'Autriche ont déjà décidé d'interdire. La France attendra, elle, l'avis du Haut Conseil des hautes technologies. La décision de Bruxelles relance en tout cas le débat entre partisans et adversaires de la culture des OGM, dont on parlera beaucoup dans les jours qui viennent. Sans doute davantage que du projet Europe 2020. Les conséquences financières de la tempête Xynthia. Un milliard d'euros. C'est le premier bilan financier des dégats causés par les vents et les inondations pour les assureurs français, selon le "Figaro Economie". Les compagnies se sont engagées à rembourser dans les trois mois les petits dommages, dont le montant est inférieur à 2000 euros. Les victimes des inondations dans l'Ouest du pays ont jusqu'au 31 mars pour envoyer leur déclaration de sinistre, selon l'arrêté de catastrophe naturelle publié hier. Après General Motors pour plus d'un million de voitures, c'est Nissan qui annonce le rappel de plusieurs centaines de milliers de véhicules pour réparer des problèmes de freins et de jauge d'essence, essentiellement aux Etats-Unis. Pendant ce temps, au salon de Genève, les annonces se multiplient. Dans une interview aux "Echos", le président du directoire de PSA confirme ce matin les discussions avec son partenaire japonais Mitsubishi pour la construction d'une petite voiture à bas coût vendue sous les trois marques, Peugeot, Citroen et Mitsubishi.

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