L'offensive de Bouygues sur le marché de l'internet fixe
L'offensive de Bouygues sur le marché de l'internet fixe © MaxPPP / Julien Muguet

C'est le Journal du Dimanche qui a révélé l'information hier. Jeudi dernier, à l'Elysée, François Hollande a reçu la visite, "surprise", écrit le JDD, de Martin Bouygues. Il était accompagné par François Pinault "qui a organisé la rencontre", explique encore notre confrère. La réunion avait lieu au lendemain de l'offre "choc" de Bouygues Telecom, qui met la "box ADSL" à 20 euros, dernière manifestation visible d'un vaste mouvement enclenché depuis plusieurs mois: la recomposition du secteur français des télécoms. Jeudi, raconte le JDD, Martin Bouygues est venu à l'Elysée, vendre à François Hollande son projet de rachat de SFR. Pour les mêmes raisons, il a aussi rencontré Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, à Bercy. En fait, c'est l'annonce (quelque peu prématurée d'ailleurs) d'une offre de Numéricable sur SFR qui l'oblige à accélérer. Bouygues (et Free) ont tout à craindre d'une telle fusion, qui pourrait les marginaliser. Ils préparent, donc, leur riposte, qui passe par leur propre proposition de rachat. Bouygues pourrait déposer son offre, dès cette semaine. Les dirigeants de Vivendi, la maison-mère de SFR peuvent se frotter les mains: ce petit jeu va, forcément, faire monter les prix. Pour le gouvernement, en revanche, l'affaire a déjà viré au casse-tête, tant les questions sont multiples. Quelles conséquences pour l'emploi, d'abord. Un rachat de SFR par Bouygues créerait forcément des doublons, au sein des 2 entreprises, même si Martin Bouygues (c'était l'objet de sa visite à l'Elysée) promet qu'il peut éviter une "casse sociale". Quelles conséquences pour les prix, également. Si un opérateur disparaît, ce serait le retour à une situation qu'on a déjà connue: finie la bataille des tarifs, telle qu'on l'a vit depuis l'entrée de Free mobile! L'Arcep, le régulateur qui a tout fait pour qu'il y ait 4 opérateurs en France, veille. Tout comme l'Autorité de la Concurrence qui devra dire si le rachat de l'un opérateur par un autre est possible, et dans quelles conditions. Mais il y a aussi la question de la "nationalité" de l'opérateur. Aujourd'hui, ils sont tous 100% français (ou presque) mais demain, si Numéricable rachète SFR, la situation évoluera. Patrick Drahi, le patron de Numéricale est un quasi-inconnu pour les pouvoirs publics -ses adversaires ne manquent pas de le faire savoir-, et ça joue contre lui dans cette bataille où -on le voit- il est parfois utile d'avoir ses entrées dans les ministères. Et à l'Elysée.

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En hausse. La Fnac lance à son tour une offre de musique en streaming. Le "streaming", c'est l'écoute de musique sans téléchargement, mais par abonnement. Ca se passe via son ordinateur ou sur son smartphone. On dit que c'est l'avenir du marché musical. Spotify, Deezer en sont les pionniers. Aujourd'hui, la Fnac lance à son tour son propre service... payant. Il n'y a pas d'offre gratuite payée par la publicité, mais en revanche, une version "low cost": 2 à 7 euros pour un accès à un catalogue limité.En chute. La crise en Ukraine: la bourse de Moscou est en baisse, ce matin, -5%. Le rouble est aussi en très fort recul.En baisse. Le "baro-éco France Inter, Viavoice, HEC, le Figaro", la vague de mars. Le moral des cadres est en baisse. Ils doutent, notamment, des atouts des entreprises françaises à l'international.

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