C'est l'une des marques, la "patte" de Cash Investigation, le magazine d'enquête de France 2, consacré à l'économie. Elice Lucet, la présentatrice chère aux ménagères de moins de 50 ans, dans le rôle de la provocatrice, de la journaliste pugnage qui pourchasse un grand patron, un élu, quelqu'un qui ne veut pas répondre à ses questions. Les images sont redoutablement efficaces: un piège pour la personnalité visée, qu'on voit s'enfuir, honteuse. Dans l'émission qui sera diffusée, ce soir sur France 2, Pierre Gattaz, les patrons de Sanofi et de PagesJaunes et même Mitt Romney, l'ancien candidat (républicain) à la présidence des Etats-Unis sont rattrapés, ainsi, par la caméra de Cash Investigation. L'émission est consacrée au pouvoir des actionnaires (je vous la recommande), une "histoire à mille milliards de dollars", est-il expliqué au tout début du reportage, le montant des dividendes versés aux actionnaires du monde entier, l'année dernière. L'émisison ne tient pas sa promesse: on ne va pas remonter à l'origine de ces milliards (sont-ils, d'ailleurs, tous, si mal, utilisés?) mais "Cash" raconte, ce soir, 3 histoires d'entreprises, où les actionnaires, effectivement, se sont montrés, ou se montrent, voraces. A PagesJaunes, par exemple, où on découvre, en caméra cachée, comment on forme les commerciaux: "ici, c'est Wall Street". On évoque le suicide d'un salarié, ayant écrit "PagesJaunes m'a tué", dans sa lettre d'adieux. La deuxième histoire est celle de Sanofi. Incroyable séquence lors de l'Assemblée générale des actionnaires, interpellés par un salarié en détresse, la réponse gênée d'Emmanuel Macron, interviewé à Bercy, sortant 2 belles rames quand on lui met sous le nez les 125 millions d'euros du Crédit Impôt Recherche touchés par Sanofi, qui supprime des postes... dans sa recherche! La 3ème histoire est celle des salariés Samsonite d'Hénin-Beaumont. On l'a connaît: ils ont été virés en 2007, sans plan social digne de ce nom. Parmi les actionnaires qui ont fuit leurs responsabilités, un Fonds de pension canadien, "Teachers", qui garantit la retraite des fonctionnaires de l'Ontario. On les découvre, sympathiques, heureux de vivre une retraite paisible... jusqu'à ce que Cash Investigation leur montre le témoignage de Brigitte, ex-salariée de Samsonite, témoignant dans son usine désaffectée. "C'est un crève-coeur" disent Deborah et Sophie, 2 retraitées canadiennes, "Je ne savais pas, c'est vraiment mon fonds de pension qui a fait ça?" dit la première. "Je vais mal dormir, cette nuit" dit l'autre. Les 2 bouts d'un même système.

Echec. L'Etat a commencé à rembourser Ecomouv'. Ecomouv', c'est l'oganisme qui devait collecter l'écotaxe poids-lourds. Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, l'a enterré, a menacé, un temps, de dénoncer le contrat qui liait l'Etat et Ecomouv' pour ne rien payer. Finalement -et selon le Figaro, ce matin-, un premier chèque d'indemnisation a été signé, hier. 403 millions d'euros. Suivront les versements d'une quarantaine de millions d'euros par an, pendant 10 ans, le prix à payer pour le pitoyable échec de cette écotaxe. D'ici la fin du mois, les 190 salariés d'Ecoumouv' seront licenciés.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.