On a connu des prises de fonction plus sereines, plus joyeuse. Aujourd'hui, dans l'histoire de la crise de la zone euro, tout ne se passera à Cannes. La crise va faire un détour par Francfort, où Mario Draghi, le tout frais, le tout nouveau successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne préside son premier Conseil des gouverneurs, celui qui fixe, chaque mois, la politique monétaire dans la zone euro. Après le Sommet de la semaine dernière, qui avait finalement accouché d'un Accord, on se montrait plutôt soulagé à la BCE: la passation de pouvoir allait se faire dans un climat, légèrement apaisé. Le grec Papandréou et son référendum auront modifié la donne, lundi soir. Et voilà Mario Draghi, au pied du mur, dès sa première sortie officielle. Sa tâche est compliquée, lui qui déjà n'était pas dans une situation confortable. Même s'il est l'exact opposé (dit-on) de Silvio Berlusconi, Mario Draghio est italien, et c'est, précisément, l'Italie qui inquiète aujourd'hui, l'Europe. A la tête de la Banque Centrale Européenne, il agit au nom de l'intérêt général évidemment, mais tous ses faits et gestes, ses décisions (on le sait depuis sa nomination) sont analysés au regard de cette nationalité, qui pèse. En Allemagne, des journaux populaires n'y sont pas allés de main morte, et ne lâche plus. "En Italie, l'inflation est à la vie, ce que la sauce tomate est aux pâtes" a écrit, par exemple, le journal populaire Bild. Ces attaques sont très douteuses mais elles montrent que le nouveau patron de la BCE est, bel et bien "sous surveillance". Et ce n'est pas très sain puisque cette situation pourrait, du coup, pousser Mario Draghi à donner des gages: l'Italien pourrait se faire "plus dur" que le plus orthodoxe des Allemands alors que la situation semble réclamer de la souplesse. Par exemple, la poursuite, voire l'intensification des rachats de dettes souveraines européennes. Italiennes, notamment: on y revient. La mesure va à l'encontre des textes fondateurs, des "dogmes" de la BCE, mais elle fait beaucoup de bien. Au marché et à tout le monde. La baisse des taux directeurs est aussi réclamée, alors que l'activité économique ralentit. Comment "Super Mario" (c'est son surnom) va-til se positionner? Réponse, dans la journée.

1 mois pour choisir. "Pour ou contre l'euro", les Grecs décideront dans un mois. C'est le résultat du "mini-Sommet de crise", organisé, hier à Cannes, à la veille de l'ouverture du G20. Le Premier ministre grec a accepté d'avancer la date de son référendum: il sera organisé le 4 décembre prochain. George Papandréou reconnaît volontiers que l'enjeu de la consultation sera bien l'appartenance de son pays à la zone euro. De leur côté, les Européens et le FMI se disent prêts à envisager la sortie de la Grèce. En attendant, ils suspendent toutes les aides à Athènes.Chute. Les bénéfices de BNP Paribas, pour le 3ème trimestre, publié il y a quelques minutes. Ils sont en baisse de 71%, à 541 millions d'euros. Notamment en raison des dépréciations importantes des titres grecs, dans les comptes de la banque. Baudoind Prot annonce une réduction de ses effectifs: "des centaines de postes concernés", selon le Directeur Général de BNP Paribas.

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