Qui a été le premier à alerter les chefs d’entreprise? Sans doute, Jean-Christophe Fromantin. Le député-maire UDI de Neuilly-sur-Seine anime, également, un groupe d’entrepreneurs, d’investisseurs et de juristes chargés d’ausculter le travail du Parlement, de débusquer toutes les mesures jugées "anti-entreprise". Mardi dernier, sur son site web, Jean-Christophe Fromantin alerte sur ce qu’il considère comme un "nouveau coup (très) dur contre les entrepreneurs". Dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, il a repéré un amendement, voté et passé quasi-inaperçu, qui élargit la taxation des dividendes. Désormais, les dividendes distribués par les entreprises, enregistrées sous forme de SA (Société Anonyme) ou de SAS) Société par Actions Simplifiées, seront assujettis aux charges sociales. "Cet amendement est en totale opposition avec les signes d’ouverture vers les entreprises", écrit l’élu centriste. Dans la journée, il reçoit un coup de fil de son webmaster, son site internet est en surchauffe, au bord de la rupture. Les entrepreneurs-internautes multiplient les "like", les partages et les "retweets" de son communiqué. Les réseaux sociaux s'agitent, comme au bon vieux temps du mouvement des pigeons. Première alerte pour le gouvernement. Le lendemain, les organisations patronales prennent le relais: le Medef dénonce une "mesure idéologique sidérante", et la CGPME affirme qu’elle descendra dans la rue, s’il le faut. On est toujours mercredi, il est presque 23h. Le secrétaire d’Etat aux Budget Christian Eckert publie, à son tour, un communiqué. Il se dit prêt à discuter, mais justifie l’amendement. Et pour cause, c'est un député qui l’a déposé et fait voté, mais personne n’est dupe: c’est Bercy qui l’a écrit! En séance, à l'Assemblée, la discussion a duré moins de 3 minutes. Christian Eckert explique, donc: il s’agit simplement d’harmoniser les règles d’imposition des dividendes, de lutter contre les pratiques d’optimisation, pas de remplir les caisses de l’Etat. D'ailleurs, des seuils -élevés- ont été fixés, Bercy ne vise que les abus! Peine perdue, le lendemain matin, Michel Sapin annonce que le gouvernement demande, finalement, le retrait de la disposition. "Un amendement qui n’est pas compris est mauvais", dit le ministre des Finances. L’Elysée a tranché, semble-t-il: "le jour des annonces sur la simplification de la vie des entreprises, la Présidence a préféré éviter d’entendre qu’elle s’en prenait, au même moment, aux patrons" explique le député, Gérard Bapt, celui qui a porté l’amendement. Dans l’avion qui le ramenait dans sa circonscription, vendredi, il a été pris à partie par un chef d’entreprise, choqué par sa proposition. Ils ont promis de se revoir pour vérifier si la mesure était aussi confiscatoire qu'on l'a dit, si pénalisante pour l’esprit d’entreprise, et la prise de risque.

L'Allemagne inquiète les cadres. C'est le principal enseignement de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro. C'est la "vague" de novembre. Le moral se redresse un peu, mais une très large majorité des cadres interrogés s'inquiète des répercussions, pour l'Europe et pour l'économie française, de la dégradation, actuelle, de la conjoncture allemande. 1 cadre sur 5 estime que sa propre entreprise sera affectée.

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