Hier, au Mondial de l'Auto à Paris, Carlos Ghosn, le patron de Renault, a dévoilé la nouvelle version de sa Mégane, la Mégane 3, qui sera l'une des attractions du Salon. Dévoiler un nouveau modèle, c'est toujours un moment particulier pour un constructeur (on le sait): il n'aime pas d'ailleurs qu'on lui vole ce moment, en publiant avant l'heure des photos de l'engin (parfois il s'agace); mais pour le patron de Renault, ce lancement est carrément crucial. Il y a d'abord le contexte de crise financière, qui (tous les dirigeants des grandes marques l'ont dit hier) brouille les cartes et qui fait peser un véritable risque sur l'ensemble du secteur automobile. Ce n'est pas tant le ralentissement de l'économie qui les inquiète d'ailleurs que le problème de liquidité : plus les crédits deviennent difficiles à décrocher pour les clients, plus la situation s'aggrave. Ca, c'est donc le contexte, mais il est le même pour tous. Pour Renault, il y a en plus ce "défi" essentiel que constitue cette Mégane. Un véhicule qui est au "coeur" de sa gamme... qui plus est sur un segment du marché automobile énorme, de plus de 5 millions de véhicules ! La Mégane, jusqu'ici, c'est 1 tiers des ventes mondiales et européennes de Renault : l'échec est donc interdit, surtout pour un patron comme Carlos Ghosn, dont l'étoile a bien pâli depuis son arrivée triomphale à la tête de l'ancienne régie, en 2005. Il n'est plus sauveur, il n'est plus "Samouraï". Il est un patron qui supprime 6 mille emplois. C'est un patron qui a dû revoir à la baisse ses ambitions. C'est donc un patron qui attend beaucoup de cette fameuse Mégane. L'économie française entre en récession. L'INSEE (comme le gouvernement et la majorité)refuse de lâcher le terme "récession". Mathématiquement, elle est pourtant là, puisque l'Institut prévoit une fin d'année avec 2 trimestres négatifs, après déjà un recul au printemps. La consommation souffre de la perte de pouvoir d'achat et l'investissement des entreprises, de la crise financière et de la contraction du crédit. Dans ces conditions, l'INSEE anticipe une augmentation du chômage jusqu'à 7,4%, fin 2008. Face à la crise, le gouvernement continue à multiplier les annonces. Après le soutien au secteur de la construction mercredi, l'Elysée a dévoilé, hier soir une série de mesures pour les PME. Pour éviter tout risque d'assèchement du crédit, l'Etat trouve 22 milliards d'euros, puisés, notamment, dans les sommes collectées sur les Livrets de Développement Durable (l'ancien Codevi) et les Livrets d'Epargne Populaire. Oséo, la banque publique d'aide aux PME obtient, elle, 2 milliards supplémentaires. Les places boursières, toujours en baisse. Et ce, dans l'attente de l'adoption du Plan Paulson 2 aux Etats-Unis. Tokyo est en recul, ce matin. Wall Street, hier, a perdu plus de 3%.

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