"C'était catastrophique, en septembre (une chute de 30 points d'un coup). Ca reste très mauvais, ce mois-ci": c'est comme ça que François Miquet-Marty résume la dernière vague de notre "Baro-éco", le moral des cadres, que nous publions ce matin. Le patron de Viavoice, qui travaille pour France Inter, HEC et le Figaro, est désolé: l'ambiance reste très morose. L'été a été fatal aux cadres: plutôt confiants en juin, ils sombrent désormais dans le pessimisme. Leur moral, s'il se redresse légèrement dans cette livraison d'octobre, reste en dessous des pires séquences enregistrées par notre Baromètre: c'est-à-dire au moment de la chute de Lehman Brothers (en 2008), ou lors de la "première crise de la zone euro" (si on peut le dire comme ça), en mai 2010. 70% des cadres interrogés estiment que le niveau de vie, en France, va se dégrader d'ici 1 an. Ils sont un peu plus encore à penser que le chômage va poursuivre sa progression, dans les prochains mois. Si sur leur situation personnelle (leurs finances, les opportunités de carrière), les cadres sont moins pessimistes, au final, ils dressent un tableau très noir de la situation. C'est clairement la crise des dettes souveraines, en Europe, qui les inquiète. Leur première préoccupation, c'est le déficit français, et la capacité de la France à le limiter. La deuxième préoccupation est liée: c'est l'impact des plans de rigueur. Une austérité qui menace l'activité économique! Les cadres, s'il ont perdu confiance, ont gardé le sens de la synthèse: le déficit impose la rigueur. La rigueur, elle, induit un ralentissement de la croissance. D'où ce climat général aujourd'hui. Que notre "Baro-éco" n'est pas le seul a relever. Avec ce risque, bien connu des économistes: la prophétie "auto-réalisatrice". On craint le ralentissement de l'activité. Du coup, on l'anticipe (comme PSA, par exemple, qui réduit sa production). Et, le résultat, c'est qu'on finit par l'obtenir. On semble être, aujourd'hui, arriver à ce moment particulier. Et sacrément risqué.

Engrenage. La Grèce n'arrive pas à redresser ses comptes. Le gouvernement grec l'a reconnu, hier: il est aujourd'hui incapable d'atteindre les objectifs qui lui ont été fixés, pour réduire son déficit. C'est vrai pour cette année (un déficit à 8,5%, fin 2011, contre 7,4 promis). Et ce devrait être vrai, également, l'année prochaine. Le pays semble pris dans un engrenage fatal: la rigueur provoque la récession qui impose plus de rigueur. Les nouvelles mesures d'austérité imposées par l'Europe et le FMI s'élèvent à plus de 6 milliards d'euros. Elles doivent être examinées, aujourd'hui et demain, par les ministres européens des finances, réunis à Luxembourg. A la clé, le déblocage d'un nouveau prêt de 8 milliards.Sucession. A la Direction générale d'Air France, la sucession de Pierre-Henri Gourgeon, est enfin calée, selon "La Tribune" de ce matin. C'est Alexandre de Juniac, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, qui est retenu croit savoir le journal. Pierre-Henri Gourgeon, lui, doit prendre, au 1er janvier prochain, la tête du holding Air France KLM.

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