Elle a reçu le coup de fil, lundi matin, et a d'abord cru à une blague. Mais non, à l'autre bout du fil, c'était bien quelqu'un du cabinet de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. Et ce conseiller avait une bonne nouvelle a lui annnoncer: les travailleurs frontaliers -Français qui travaillent en Suisse- ne seront finalement pas rattrapés par la rigueur. La mesure les concernant, prévue dans le Projet de Loi de financement de la Sécurité sociale a, finalement, été abandonnée. Pour Patricia Schillinger, sénatrice socialiste d'Alsace (qui, pendant 18 ans, a travaillé en Suisse): c'est une excellente nouvelle. Une petite victoire politique mais aussi une vraie surprise. La semaine dernière, elle était ressortie d'une réunion, au ministère des Affaires sociales, persuadée d'avoir perdu la bataille: les travailleurs frontaliers, travaillant en Suisse, qui avaient jusqu'ici la possibilité de choisir une couverture maladie privée (réputée moins chère) allaient devoir, dès l'année prochaine, s'affilier obligatoirement à la Sécurité sociale française. Et allaient, donc, voir leurs cotisations maladie augmenter très nettement. Au total, 130 mille personnes concernées. La Sécurité sociale espérait récupérer ainsi 400 millions d'euros. La révélation du projet dans les Echos, il y a une quinzaine de jours, a enflamé le Comité de défense des travailleurs frontaliers. La sénatrice alsacienne Patricia Schilliger, elle, a multiplié les interventions pour alerter ses amis socialistes. Elle avoue avoir même envoyé un sms à François Hollande ("après tout, il les lit", dit-on alors elle a tenté). A Droite aussi, on s'active: Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie a écrit au Premier ministre. Mais jusqu'à lundi matin, l'affaire semble pliée, le combat perdu. A l'Assemblée nationale, le député socialiste Gérard Bapt, pourtant rapporteur du budget de la sécurité sociale et donc, en contact régulier avec le gouvernement, est lui aussi parti en week-end, convaincu que la mesure figurait bien dans le projet. Mais, voilà samedi ou dimanche, elle a été supprimée et c'est le Premier ministre qui aurait pris cette décision, in extremis. Pour les représentants des travailleurs frontaliers, la peur de mobilisation a payé. La peur et autre chose: avec cette mesure, le gouvernement pensait gêner des élus de Droite (ceux d'Alsace, de Haute-Savoie) mais il s'aperçu, à l'usage, qu'il y avait aussi, dans ces départements, des élus de gauche. Très mécontents et très remontés. Il a donc cédé.

100. Les niches fiscales coûteront quasiment aussi cher à l'Etat l'année prochaine. A peine 100 millions de gagnés, sur un total de 70 milliards. Pour un gouvernement qui promet de s'attaquer aux niches fiscales, c'est plutôt décevant. En fait, il explique que les effets des décisions prises vont mettre du temps, avant de se transformer en véritables économies. En attendant, l'année prochaine, c'est la TVA réduite pour les travaux de rénovation des logements qui coûtera le pluss (5,3 milliards). Suivent: le Crédit Impôt Recherche, l'abattement de 10% accordé aux revenus des retraités, puis la TVA réduite dans la restauration.Geonpi. Contre ce budget 2013, la contestation monte du côté des chefs d'entreprises. Sur les réseaux sociaux, le mouvement spontané "on n'est pas des pigeons" (des "geonpi", en verlan) fait un carton. Bien plus classique, la CCGPME lance une pétition contre certaines mesures prévues, notamment le relèvement de la taxation des plus-values, au moment de la vente de leurs entreprises.

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