L'université d'été du Médef, c'est 2 choses. C'est d'abord, un lieu d'échanges et de débats (c'est vrai) et on va y revenir mais c'est aussi, pour la présidente de l'organisation patronale (ou le président puisque du temps d'Ernest-Antoine Seillière, c'était exactement pareil), c'est le moment de faire sa "rentrée", et d'envoyer quelques messages bien ciblés à l'opinion, aux syndicats et au gouvernement. Hier du coup, il fallait voir les conseillers de Laurence Parisot se réjouir, en recevant les exemplaires "tout chauds" du Monde, à qui la présidente a accordé une interview: elle fait la Une et obtient même le plus gros titre. "Ca n'était jamais arrivé" assure son staff... ravi puisque cette exposition médiatique est sensée donner le meilleur écho possible aux 3 messages qu'elle souhaite faire passer en cette rentrée. -Le premier, c'est évidemment la situation des entreprises dans la crise. "Le plus grand plan social aujourd'hui, ce sont les dépôts de bilan des PME", dit-elle. "70 mille entreprises sont menacées". -Son deuxième message, c'est une tentative pour peser sur les derniers arbitrages à venir concernant la "taxe carbone". Elle refuse un nouveau "fardeau" (c'est son expression) pour les entreprises si la taxe n'est pas compensée. Le Premier ministre, hier soir, lui a pour ainsi dire immédiatement répondu en refusant l'idée d'un "chèque vert" pour les patrons. Leur compensation, c'est la suppression de la taxe professionnelle. "Rien de pluss", estime François Fillon. -Le 3ème message de Laurence Parisot concerne la réforme à venir des retraites: "c'est une priorité absolue" affirme-t-elle... en se calant (c'est un peu son habitude) dans les pas du gouvernement. Elle redit que le recul de l'âge de retraite au-delà des 60 ans est désormais inéluctable. Ca nous amène aux débats d'hier... l'un d'eux avait pour thème précisément : les retraites! Pour Laurence Parisot, cette université d'été, c'est modestement (et "je le dis sans rire" précise-t-elle) "le plus grand événement intellectuel français". On est pas obligé d'aller jusque là, mais c'est vrai... qu'une fois qu'on mis à part quelques conférences et invités "paillettes" (l'intervention, hier de Cherie Blair -la femme de l'ancien Premier ministre britannique- ne laissera pas un souvenir impérissable, par exemple...). Il y a, effectivement des "tables rondes" où les débats sont vifs et où, effectivement, tout peut être dit. Ca été le cas hier au sujet des retraites. On y entendu les arguments connus appelant à réformer le système... la démographie, l'insoutenable poids de notre dette publique, les déficits chroniques de la Sécurité sociale... mais un économiste -qui n'est pas du tout dans ligne du Médef Henri Sterdiniak de l'OFCE pour ne pas le nommer- a pu également développer ses arguments, défendre le modèle social français, accuser même les assureurs privés -pour faire court- de "voracité" (et le président de la Fédération française des sociétés d'assurance était assis à côté de lui!). Contre tous les discours ambiants, il a affirmé -chiffres à l'appui- que notre système est "équilibré" : notre "contrat social tient", "défendez-le!" a-t-il lâché aux patrons présents... franchement médusés (je crois avoir entendu un sifflets ou 2 à ce moment-là. Les mêmes ont entendu, quelques instants plus tars, Gaby Bonnand de la CFDT (syndicat qui a signé la réforme de 2003) rejeter tout net l'idée d'une remise en question de la retraite à 60 ans. "Nous ne négocierons pas l'âge de départ à la retraite" a-t-il prévenu. Dommage: Laurence Parisot n'était pas dans la salle à ce moment-là...

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.