Eric Woerth aurait vraiment dû tourner plusieurs fois, sa langue dans sa bouche, hier. Non seulement, il a lâché sa petite phrase sur laquelle je ne reviens pas. Mais il a aussi loué, à propos de cette affaire Bettencourt, la grande retenue des syndicats: "Ils n'ont jamais mis d'huile sur le feu, ils sont restés sur les sujets qui les concernent et je leur rends hommage" a dit le ministre du Travail. En lisant les Echos, ce matin, il devrait regretter également cette déclaration-là, puisque François Chérèque et Bernard Thibault, qui accordent un long entretien croisé au journal économique, n'hésitent pas -n'hésitent plus?- à appuyer là où ça fait mal: son maintien pose problème, estiment-ils, parce qu'il est devenu 'impossible de débattre sur le fond, avec lui et le gouvernement"! Ce positionnement est évidemment tactique, à 4 jours de la journée de mobilisation: les 2 leaders affichent une entente parfaite, et cible leur adversaire commun, mais c'est peut-être, aussi, pour mieux évacuer ce petit "grain de sable" qui est apparu cette semaine (et là, on parle bien du fond), ce léger "malaise" qui a gagné l'Intersyndicale, après les propos de François Chérèque (c'était dans le Monde, cette fois-ci) qui donnait l'impression d'abandonner le combat contre la remise en cause de la retraite à 60 ans. Dans les pistes qu'il évoquait, pour reprendre le dialogue avec le gouvernement, le leader de la CFDT n'évoquait plus, en effet, les 60 ans mais mettait l'accent sur l'autre autre pivot de cette réforme: les 65 ans (âge qui permet de partir à la retraite sans subir de décôte) et que la majorité veut remonter à 67 ans. "Non, je n'abandonne pas les 60 ans en rase campagne" tente de rectifier, depuis, François Chérèque (dans Libération, cette fois-ci). Dans les Echos, il le dit également face à Bernard Thibault. Mais le leader de la CGT lui est sans nuance, sans ambiguité sur ce point-là: "60 ans et 65 ans sont, pour nous, 2 âges... inséparables". C'est une nuance, qui cache une vraie divergence de vue entre les 2 syndicats (rappelons que la CFDT n'est pas opposée à un allongement "sous condition" de la durée de cotisation). Mais, cette nuance pèsera, peut-être, dans l'après 7 septembre. C'est où la sortie de crise? La Banque Centrale Européenne ne voit pas, franchement, arriver la "sortie de crise": "restons prudents. Ne crions surtout pas victoire!": c'est ce qu'a dit, hier, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE. Il relève, légèrement, ses prévisions de croissance, mais estime que la reprise reste "fragile et inégale en Europe". Concrêtement, il décide de prolonger, jusqu'au début 2011, les facilités de financement, accordées aux banques européennes (elles ne vont, donc, pas si bien). La BCE maintient, également, son principal taux directeur au plus bas, à 1%. Cette décision impacte, directement, le taux des crédits immobiliers, accordés aux ménages. Ils baissent toujours: 3,4%, en moyenne sur 15 ans, actuellement. Ils étaient à plus de 5%, il y a 2 ans! Voler moins cher. Air France, plus que jamais tenté de passer au "low cost" pour ses vols intérieurs. Low cost: "à coûts réduits", en bon français. La compagnie étudierait, actuellement, plusieurs scénarios pour contrer, sur ce créneau, le succés d'Easyjet ou Ryanair. L'idée serait, notamment, de faire voler les pilotes Air France, plus longtemps chaque jour.

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