Ca faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, un week-end consacré au sauvetage d'une banque. Comme en écho aux déclarations de François Hollande vendredi ("une crise d'une gravité exceptionnelle"), Bercy a dû se résoudre, samedi, à voler au secours du Crédit Immobilier de France. Le CIF. François Baroin, en quittant le ministère de l'Economie, en mai dernier, avait laissé 3 dossiers urgents et brûlants sur le bureau de son sucesseur, Pierre Moscovici: la crise de la zone euro, Dexia, et le Crédit Immobilier de France. Ce dernier vient d'exploser à la figure du nouveau gouvernement. Un gouvernement contraint d'apporter, dans l'urgence, sa garantie à l'établissement financier. Jusqu'à 20 milliards d'euros. Que s'est-il passé? Depuis quelques mois, le Crédit Immobilier se finançait de plus en plus cher sur les marchés financiers. Crise oblige, plus personne ne croit en son modèle économique fondé (1) sur une activité unique: le crédit immobilier, et (2) sur un financement exclusivement par les marchés (il n'y a aucun dépôt au CIF). On a donc tenté de vendre le Crédit Immobilier de France, de l'adosser à la Banque postale. Autant d'échecs. Du coup, mardi dernier, l'agence Moody's a décidé de dégrader sa note, lui fermant définitivement l'accès du marché. Sans l'intervention du gouvernement, ce week-end, le Crédit Immobilier de France se serait déclaré en faillite, ce matin, incapable d'honorer une échéance de presque 5 milliards d'euros. La faillite est évitée mais pas la fermeture, parce que c'est bien l'extinction de la banque qui programmée désormais. Le CIF doit cesser, en échange de cette aide -c'est Bruxelles qui l'exige- toute production de nouveaux prêts. Les 2 mille 500 salariés du Crédit Immobilier peuvent commencer à s'inquièter. Tout comme les ménages les plus modestes, qui trouvaient au CIF, un banquier d'accord pour leur prêter de l'argent. Le contribuable, en revanche, est rassuré: "ça ne lui coûtera pas un centime", promet le gouvernement. Ce n'est pas de la magie (ou un gros mensonge) mais un simple calcul: le Crédit Immobilier de France comptabilise, aujourd'hui, quelque chose comme 33 milliards d'euros d'encours de prêts: ils vont être remboursés, par les ménages qui les ont contracté, donc au final "actif" et "passif", grosso modo, s'équilibreront. Donc, si on en croit Bercy: l'Etat prend peu de risque en donnant sa garantie au CIF. Et cette garantie, qui plus est, sera rémunérée.

En baisse. Le chômage plombe le moral des cadres. C'est le retour, ce matin, de notre Baro-éco "France Inter Vivavoice HEC Le Figaro". Les cadres font une rentrée morose. Leur moral est en baisse sensible, et c'est, clairement, le chômage qui les inquiète. Conséquence: 60% des cadres interrogés anticipent, désormais, une dégradation du niveau de vie, en France, dans les prochains mois.En attente. Jean-Marc Ayrault, sur France Inter hier soir. Le Premier ministre n'a toujours pas révélé la prévision de croissance, retenue par le gouvernement pour 2013. Il a aussi refusé de dire s'il va bien, l'année prochaine, supprimer le gel du barême de l'impôt sur le revenu, décidé par la majorité précédente. Pendant la campagne, le "candidat" Hollande avait dénoncé une mesure "injuste" (qui frappe, d'abord, les classes moyennes: on devient imposable, ou on "passe" plus vite une tranche d'imposition). Mais, cette mesure doit rapporter plus de 3 milliards d'euros, l'annnée prochaine. Et le gouvernement semble hésiter.

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