C'est pendant sa traditionnelle conférence de rentrée, métro Belleville à Paris, au siège de sa Centrale, que Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a appris la nouvelle. C'est un confrère journaliste qui lui donné l'info: "le gouvernement va lancer une concertation sur la baisse du coût du travail". En fait, c'est Pierre Gattaz, le patron du Medef, qui venait de l'annoncer, sortant au même moment d'un rendez-vous à Bercy, avec Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, et Bernard Cazeneuve, celui du Budget. Une concertation sur le coût du travail, la réaction de Laurent berger a fusé: "c'est déjà mieux que de d'annoncer à l'Université d'été du Medef que la hausse des cotisations retraites va être compensée!". Quelques instants plus tôt, le leader de la CFDT avait, précisément, réclamé d'être consulté sur cette question, surpris, agacé même, par les gages obtenu la semaine dernière, par le Medef, sitôt la réforme des retraites annoncée. Annoncée... mais, en fait, pas définitivement bouclée puisque, aujourd'hui, son financement est remis sur le métier. Dans ses méandres, on s'y perd alors voilà le résumé. La réforme, telle qu'annoncée il y a une semaine, prévoit une hausse des cotisations, dès l'année prochaine, pour les salariés et leurs employeurs. S'ajoutent à cette augmentation, pour les salariés, l'allongement de leur durée de cotisation, et, pour les patrons, une contribution supplémentaire pour financer les mesures sur la pénibilité. C'est ensuite que ça se complique: pour ne pas entamer la confiance des patrons, essentielle en cette rentrée pour conforter la croissance (il ne faut pas leur couper l'envie d'investir et d'embaucher), le gouvernement leur a promis de compenser leur effort financier. Jusqu'à quel point? C'est une partie du débat. Qui paiera, du coup, cette compensation? C'est l'autre partie. Pour les cotisations, le gouvernement envisage de baisser parallèlement la contribution "famille" des employeurs. Le milliard d'euros manquant serait financé, sur le budget de l'Etat, par des économies supplémentaires. Mais, reste l'autre volet: celui de la pénibilité. Pierre Gattaz dit avoir entendu, qu'elle serait, elle aussi, totalement compensée. Marisol Touraine, la ministre chargée du dossier, a dit non, hier, mais à l'Elysée, on est nettement moins catégorique. Du coup, tous ces "cadeaux" accordés aux patrons, donnent des idées aux autres. La CFDT, à son tour, demande que les salariés obtiennent des compensations financières! On va voir jusqu'où le gouvernement se laissera entraîner.

Nokia raccroche. La nouvelle a été annoncée très tôt, ce matin: Nokia abandonne la fabrication de téléphones! La société finlandaise a décidé de céder son activité "téléphone portable" à Microsoft. Coût de l'opération: presque 5 milliards et demi d'euros. Nokia veut se concentrer, désormais, sur les servives et les réseaux. C'est une petite révolution: le constructeur finlandais a été très longtemps n°1 mondial du sceteur, avant d'être détrôné, l'année dernière, par Samsung. Nokia, en fait, a raté le virage vers les smartphones et en tire les conséquences, aujourd'hui, en sortant du marché. Au total dans le monde, 32 mille salariés vont changer d'employeur, passer de Nokia à Microsoft.Vodafone distribue. Hier, c'est un divorce à 130 milliards de dollars qui a été officiellement conclu: la sortie de Vodafone du capital de Verizon Wireless, l'opérateur mobile américain, considéré comme le plus rentable des Etats-Unis. Vodafone a décidé que les 3 quarts du produit de cette vente (63 milliards d'euros, au total) allaient revenir, directement, à ses actionnaires.

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