"Franck, je te confie Danone. A ton tour de te battre": c'est par ces mots, prononcés publiquement, qu'en 1996, Antoine Riboud cédait les rênes de son entreprise à son fils. 18 ans plus tard, c'est au tour de ce fils d'organiser sa sucession. Et pour la première fois, depuis la création du groupe, ce ne sera pas un "Riboud", aux commandes. La décision est tombée, hier soir: Franck Riboud s'en va. "A 58 ans, je n'ai aucune tentation de prendre ma retraite au Pays basque, ou en Haute-Savoie (ses terres)" précise-t-il au Figaro, ce matin -il est l'un des patrons du CAC 40, le mieux payé, il pourrait-, non, il reste président du Conseil d'Administartion, va se concentrer sur les "grands sujets stratégiques", mais à partir du 1er octobre prochain, c'est Emmanuel Faber qui sera chargé de diriger, au quotidien, Danone. Ses 100 mille salariés, ses 20 milliards de chiffres d'affaires. "Il y a une grande part d'affect dans ce choix", reconnait Franck Riboud (l'autre prétendant est remercié). Quand on lit les portraits, très flatteurs, d'Emmanuel Faber, on compend vite: diplomé d'HEC, 17 ans de maison. Il a accompagné toutes les mutations de Danone: son recentrage sur 3 métiers (non sans mal: la restructuration puis la vente de la branche biscuit LU), l'internationalisation du groupe, mais aussi la conquête, bien difficile, de la Chine. Emmanuel Faber, c'est aussi celui qui a présenté, à Franck Riboud, Mohamed Yunus, le chantre du micro-crédit. C'est un militant. C'est aussi lui, catholique pratiquant, qui a instauré, chez Danone, un congés pour les "retraites spirituelles". D'importants défis l'attendent: l'essouflement des économie émergentes, Russie en tête. Le risque d'OPA qui pèse depuis toujours sur Danone. Mais choisir Emmanuel Faber pour succéder à la dynastie Riboud, c'est, pour Franck, la meilleure façon de rassurer. Ses actionnaires d'abord: son successeur connaît le métier (c'est "fabriquer des produits accessibles à tous, en faisant de la marge" explique souvent Franck Riboud). Rassurer, aussi, les salariés: la ligne fixée par le père fondateur demeurera: "toujours lier l'économique et le social". "Le curseur peut se déplacer de l'un vers l'autre, en fonction des circonstances et des pays, mais il doit rester, toujours, l'objectif.

Stop au déclin. Une bonne nouvelle: le déclin de la France a cessé! Pour être exact: c'est le regard que portent les chefs d'entreprises du monde entier, sur la France, qui cesse de se dégrader. C'est ce qui ressort du classement annuel dressé par le World Economique Forum. La France pointe au 23ème rang. Ce n'est pas terrible, mais elle cesse, pour la première fois depuis 4 ans, de reculer. Le "choc de compétitivité" promis par le gouvernement est salué (la simplification administrative), mais aussi la réforme du marché du travail, menée l'année dernière. Pas de surprise, en revanche: avec un tel classement, la fiscalité française reste un "point noir". Comme le déficit, la dette, le chômage. Ce classement salue, à l'inverse, la qualité des infrastructures françaises, "parmi les meilleures du monde", la qualité du système éducatif français, une culture des affaires "hautement professionnelle et sophistiquée".

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