On ne quitte pas le sujet parce que le gouvernement -pour "contrer" la hausse des prix de l'énergie- envisage également de modifier la formule mathématique qui fixe les tarifs régulés du gaz. Ils ont augmenté d'un peu plus 5%, vendredi dernier: ça n'a évidemment échappé à personne tant cette nouvelle passe mal. Sur 1 an, ça donne une augmentation de 20%. Et depuis 2005, un bond de 60%. Si on se projette au 1er juillet prochain (c'est l'avantage des formules mathématiques: on peut se projeter), on anticipe, déjà, une nouvelle hausse de plus de 7%! C'est pour éviter une nouvelle polémique que le gouvernement envisage donc de changer, une nouvelle fois, les règles du jeu. Il faut se souvenir que la dernière fois qu'il les a changé, ce n'est pas vieux, c'était il y a... 4 mois! Un arrêté paru au Journal officiel du 10 décembre 2010! Christine Lagarde et Eric Besson expliquaient alors que cette nouvelle formule était -enfin!- la bonne: les tarifs du gaz, largement indexés sur le pétrole, allaient prendre en compte, pour la première fois, les cours du marché, plus favorables que ceux inscrits dans les contrats à long terme, signés par GDF Suez. Immédiatement, les Associations de consomateurs ont décrié ce nouveau système: "il ne va pas assez loin" ont-elles dit, "les prix du marché, moins chers aujourd'hui, doivent peser encore pluss dans le cacul". Désormais, le gouvernement (qui aura donc mis 4 mois pour s'en apercevoir) dit exactement la même chose. Et la CRE, la Commission de Régulation de l'Energie, lui emboîte le pas: il faut revoir cette satanée formule! Ce qui sera, donc, fait dans les prochaines semaines, on l'a compris. Mais déjà, le patron de la CRE prévient et rappelle une évidence: "changer de mode de fixation ne garantit en aucune façon qu'il n'y aura plus jamais de hausse des tarifs". Dit autrement, la formule magique n'existe pas. Et l'humeur des Français reste et restera indexée sur le prix de l'énergie. Les cadres perdent le moral. C'est ce qui ressort de notre Baromètre France Inter-Viavoice-HEC-Le Figaro. C'est la vague d'avril. Niveau de vie général, chômage mais aussi opportunité personnellle, motivation: les cadres broient du noir. On retrouve un moral au niveau du début de la crise financière. En revanche, notre sondage montre l'adhésion des cadres à la stratégie de leur entreprise: en période de turbulences, elle apparaît comme un élément rassurant, une sorte de "refuge". Et c'est plus marquant encore dans les PME. Seul maître à bord. Vivendu a annoncé, hier soir, le rachat des 44% du capital de sa filiale SFR, détenus jusqu'ici par Vodafone. Un rachat à 8 milliards d'euros. Manque d'énergie? Le gouvernement face à la flambée des prix de l'énergie. Selon Eric Besson, le ministre de l'industrie, l'idée de mettre à contribution les pétroliers est à l'étude. Pas question, cela dit, de taxer leur "superprofits". Ils pourraient simplement devoir contribuer au financement d'une aide pour les ménages modestes.

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