C'est un grand banquier, cité par "Les Echos", qui parle en ces termes, ce matin, de la Taxe sur les Transactions Financières. "Sur le papier, cette taxe est un rêve pour technocrates en mal de recettes fiscales: elle rapporte beaucoup et ne pèse véritablement sur personne, tant son taux est bas". Mais, il ajoute immédiatement: "en réalité, c'est une catastrophe!". La Taxe sur les Transactions Financières doit entrer en vigueur, dans 11 pays de l'Union européenne, le 1er janvier prochain. En France, notamment. C'est ce qu'on appelle, une "coopération renforcée": seuls les pays membres de l'Union qui le souhaitent, la mettront en place. 11, ont donc dit "d'accord" et la Commission de Bruxelles a proposé une formule: taxer à 0,1% les ventes et achats d'actions et d'obligations, et taxer à 0,01% les produits dérivés. Estimation des recettes: 35 milliards d'euros. Une aubaine pour les Etats européens en manque d'argent, qui oublient, au pasage, que ces recettes devaient, à l'origine (dans l'esprit de la taxe Tobin, en tous cas), aller aux pays pauvres. Pour les banques et assureurs français, peu importe, c'est son introduction qu'ils combattent. Et ils s'apprêtent, selon les Echos, à repartir au combat. Oui, affirment-ils, cette taxe sur les Transactions Financière est une catastrophe: "elle va pousser la plupart des acteurs financiers à la délocalisation". Le refrain est connu, dès qu'on parle de taxe ou d'impôt. Les banquiers français font leur compte, en tout cas. Pour le Crédit Agricole, cette taxe pourrait représenter un surcoût, pour elle, de 17 milliards d'euros. Et les milliards valsent encore quand "Les Echos" interroge les gestionnaires d'actifs. Selon eux, les investisseurs étrangers pourraient retirer jusqu'à 400 milliards d'euros, immédiatement, si cette taxe voit le jour. Interrogé, lui aussi, le patron de l'AMF, le gendarme des marchés financiers, lui aussi, prévient: "il faut bien mesurer les conséquences de cette taxe, dit Gérard Rameix, parce que le Royaume-Uni (avec sa City), le Luxembourg, l'Irlande n'ont pas l'intention, eux, de la mettre en place. Les uns et les autres s'apprêtent à écrire au ministre de l'Economie pour lui rappeler tous ces arguments. Il les connaît.

Carotte. C'est l'écho qui nous revient des débats, hier soir, à l'Assemblée nationale, où se poursuit l'examen de la réforme du marché du travail. Les députés en sont encore à l'article premier, sur la généralisation des complémentaires santé. Ce sont les élus du Front de gauche qui mènent la bataille. Pour eux, la mesure est dangereuse: en privilégiant les assurances privées, elle affaiblit la Sécurité Sociale, disent-ils. Et elle n'est qu'une "carotte" pour mieux faire passer la flexibilité plus grande qui va être imposée à tous les salariés. "Ce n'est pas une histoire de carotte", répond le ministre du travail, qui parle d'une avancée "considérable" pour les 400 mille salariés qui, aujourd'hui, n'ont pas les moyens de se payer une complémentaire santé.Eau. Grève inhabituelle et d'ampleur, hier, à la Saur, le n°3 français de la gestion de l'eau. Les grévistes (21% selon la direction, "jusqu'à 100% sur certains sites", selon les syndicats)... les grévistes réclament la réouverture des négociations salariales, dénonçant le bonus de 200 mille euros accordés à leur patron. Le mouvement est reconduit pour aujourd'hui.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.