Douai, c'est la ville choisie par le Président de la République pour dévoiler ses mesures "anti-crise", tout à l'heure. Francfort, c'est la ville allemande où est installée la Banque Centrale Européenne. Hasard du calendrier, c'est aussi aujourd'hui que la BCE doit annoncer une nouvelle baisse de ses taux directeurs. De ses taux d'intérêts. Ce sera la 3ème fois depuis le début de la crise financière. Mais surtout, et là, ce serait une "première", on s'attend, de la part de la BCE, à une baisse importante (d'un demi-point, ou même de 3 quarts de point): elle n'a jamais fait ça dans sa courte vie la BCE, contrairement à la FED, l'Américaine. Alors pour le commun des mortels, "baisser de 0,75 points de pourcentage les taux directeurs", ça ne veut rien dire du tout. Je tente de traduire : avec cette décision, l'argent va devenir moins cher, en Europe. Il sera moins coûteux de contracter un crédit auprès de son banquier puisque, lui, au bout de la chaîne, mon banquier empruntera moins cher auprès de la Banque Centrale. C'est donc, là aussi, une façon, de relancer l'économie. Résultat : les économistes, ce jeudi, ont de quoi être ravis. Ils vont assister à un moment assez rare : une coordination parfaite entre la politique budgétaire (à Douai) et la politique monétaire (à Francfort). Les 2, pour une fois, allant dans le même sens. C'est "fromage et desert" donc. C'est aussi un peu ironique dans le cas de 2 hommes (Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Trichet) qui se sont souvent chamaillés, critiqués. La situation économique les a poussés à faire ce qu'ils rejettaient il a peu encore : la relance pour le Président français, une baisse des taux importante, pour le banquier central. On vous le dit, chaque jour : la crise permet tout ! Les Prud'homales. Le scrutin est marqué par une absention toujours aussi massive : seul un quart des salariés se sont exprimés. Les employeurs, eux, se sont plus mobilisés qu'en 2002. Pour les résultats : parmi les 3 grandes confédérations, seule la CGT progresse (en obtenant un tiers des voix). La CFDT (2ème) et Force ouvrière (3ème) reculent, la CFDT perd même sa première place chez les cadres, au profit de la CGC, qui, globalement, progresse. La CFTC (le syndicat chrétien) s'effrite légèrement. Les "petites organisations" progressent toutes : l'UNSA depasse les 6%. Solidaires, les syndiats SUD, notamment, passent de 1,5 à 3,8%. Quelle relance ? (suite et bientôt fin). Nicolas Sarkozy dévoile, à midi, son Plan de relance de l'économie : on avance un total de plus de 25 milliards d'euros. Pour l'automobile, il devrait confirmer la création d'une "prime à la casse" de mille euros, ainsi que celle d'un Fonds d'investissements pour les constructeurs. Les aides au bâtiment devraient passer, elles, par le doublement des prêts à taux zéro, l'accélération de grands travaux et de la construction de HLM. Enfin, l'envoi d'un chèque (peut-être de 200 euros) pourrait être annoncé : il sera destiné aux ménages les plus modestes, notamment les futurs allocataires du RSA.

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