La version officielle est celle-ci: la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution, la FCD, était, depuis plusieurs semaines, à la recherche d'un nouveau patron. Jérôme Bédier, aux commandes depuis 15 ans, souhaitait depuis quelques temps "faire autre chose" (c'est son droit). Et il vient de trouver une place dans le privé (à Capgemini: pour ceux que ça intéresse). Pour lui trouver un sucesseur, la Fédération patronale du Commerce a, donc, fait appel à un cabinet de chasseur de têtes. Et c'est ce cabinet qui a proposé le nom de Jacques Creyssel. "Pour ses compétences et ses qualités professionelles". Jacques Creyssel a été retenu. Et c'est, hier, que la nouvelle a été annoncée: il est le nouveau délégué général de la FCD. L'histoire pourrait être extrêmement banale... sauf qu'elle constitue un nouveau psychodrame au sein du patronat français. Parce que Jacques Creyssel est tout sauf un inconnu dans ce milieu. C'est l'ancien directeur général... du Médef, auquel appartient la Fédération du Commerce évidemment: c'est même l'un de ses principaux bailleurs de fonds. Mais voilà, entre le Médef et Jacques Creyssel, ça c'est récemment très mal fini puisque Laurence Parisot l'a viré, en 2008 pour "fautes et insuffisances professionnelles graves". Sur fond d'affaire UIMM, la présidente du Médef, lancée dans un "grand ménage", lui a reproché quelques activités "troubles" (notamment la création d'une société qui avait toute les apparences d'une société servant à du financement occulte). Jacques Creyssel a contesté son licenciement aux prud'hommes. Et a gagné: le Medef a été condamné à lui verser plus de 720 mille euros d'indemnités! Et c'est donc cet homme, Jacques Creyssel, qui revient aujourd'hui au sein du Médef avec une nouvelle casquette: chef de file de la grande distribution. Au Médef en tout cas hier, on ne cachait pas sa surprise, ni son agacement. "Ce choix est inacceptable pour l'image des patrons", "Jacques Creyssel incarne le patronat qu'on ne veut plus voir" explique un proche de Laurence Parisot. "Vous imaginez, maintenant, les réunions avec lui et nous, autour de la table? Bonjour l'ambiance!". A la Fédération du Commerce, on le jure: il ne s'agit, en aucun cas, d'une attaque contre le Medef et Laurence Parisot. "Embaucher le pire ennemi de son amie", autrement dit, reste un geste amical. LVMH annonce des bénéfices "record". Plus de 3 milliards d'euros de profit, en 2010. En hausse de 73% sur 1 an. "Tout va bien" pour le n°1 mondial du luxe. Ses ventes ont été "excellentes" fait-il savoir. Et les perpectives sont tout aussi "excellentes" pour 2011. Trou profond. L'économie américaine toujours dans un "trou profond". C'est ainsi que Ben Bernake s'est exprimé, hier soir. Le président de la Réserve Fédérale américaine estime que la reprise économique, outre-Atlantique, n'est pas encore "vraiment établie". Le chômage, aux Etats-Unis, (dit-il) reste encore trop élevé. En Europe, son homologue Jean-Claude Trichet -patron de la Banque Centrale Européenne- s'exprimait également hier. A l'occasion de la réunion mensuelle de la BCE. Jean-Claude Trichet s'est montré moins inquiet que le mois dernier, au sujet de l'inflation en Europe (même si elle continue de grimper). La perspective d'une hausse prochaine des taux d'intérêt s'éloigne, du coup et l'euro a reculé, hier, face au dollar.

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