On se trompe, ce n'est pas un documentaire sur l'évasion fiscale, c'est un film sur la démocratie et l'un de ses piliers, la justice fiscale. Ce documentaire, on en parle beaucoup depuis quelques jours, c'est ''Le Prix à payer"'. Il sort en salles, aujourd'hui. Oui, au cinéma. Un pari audacieux. C'est un documentaire qui explique beaucoup de choses, comment les grandes firmes multinationales sont devenues des reines de l'évasion fiscale, des championnes mondiales de "l'impôt zéro". Il commence avec cet extrait de l'audition, au sénat américain, d'un responsable d'Apple. On lui demande si son entreprise est bien la propriétaire de filiales en Irlande. Il acquiesce. On lui demande, ensuite où se trouve leur domiciliation fiscale. Un silence, une hésitation puis la réponse d'Apple: "elles n'ont pas de domicile fiscal". Tout est dit, en quelques mots. Ces extraits, connus ou non, de ces auditions, au royaume-Uni ou aux Etats-Unis, reviennent régulièrement, tout au long du film. Elles sont les séquences les plus marquantes. On y voit, à chaque fois, des élus très fâchés ("nous payons cher pour vous qui ne versez pas assez d'impôts" lâche, par exemple, une député britannique), et, face à eux, des patrons contrits, redevenus subitement de petits garçons à qui ont fait la leçon, mais qui savent aussi, que c'est juste un mauvais moment à passer. Le mérite du "Prix à payer", c'est de montrer l'ampleur, aujourd'hui du phénomène de l'évasion fiscale des grandes entreprises, "légale, mais immorale". Sur les paradis fiscaux, le film nous trompe quelques secondes: la caméra survole de l'eau. On pense à une mer, une mer chaude, c'est la Tamise. On est à Londres, la city, "premier des paradis fiscaux". Le rappel historique qui suit est salutaire. La conclusion, c'est que rien ne peut être fait, pour mettre fin à ce phénomène de l'évasion fiscale, sans une volonté politique, menée au niveau mondial. Elle existe, obtient quelques résultats, depuis 2 ans. Mais la bataille est loin d'être finie. Et elle est très dure. A propos de la Taxe sur les Transactions Financières, un témoin explique: "si la finance fait tout pour empêcher sa mise en place, ce n'est pas pour l'argent qu'elle pourrait perdre, mais parce que ce serait le début de la possibilité d'un système fiscal international.

Francfort, pas Paris. L'avenir de la Grèce se joue, à Francfort aujourd'hui... pas à Paris! A l'Elysée, François Hollande reçoit Alexis Tsipras, tout à l'heure mais -désolé- c'est au siège de la Banque Centrale Européenne que ça se passe, aujourd'hui. C'est là que doit se régler une question urgente: la poursuite (ou non) du soutien accordé aux banques grecques. Elles ne tiennent, et ne tiendront que si la BCE continue à leur accorder des liquidités, à très court terme. Mais, selon le Financial Times, la BCE serait très, très, réticente. Hier, en tout cas, le "plan" proposée par le gouvernerment Tsipras a été bien accueilli par les marchés. La bourse d'Athènes a même bondi de plus de 11%.

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Le prix à payer

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