Au gouvernement, le concours de celui, ou de celle, qui avalera le plus gros chapeau continue. Après Thierry Mariani et Nathalie Kosciusco-Morizet, dans le dossier SeaFrance, voici le tour de Xavier Bertrand, au sujet de la TVA sociale. Il y a un an, il se disait, clairement, opposé à son principe. "Une hausse de la TVA pour tous les Français n'est certainement pas la solution pour abaisser le coût du travail, en France", disait-il. Hier, le même ministre du Travail a parlé "d'intérêt général" pour (tiens, tiens...) "abaisser les charges sur le travail". Cela dit, soyons honnête, avec lui, Xavier Bertrand tente de rester fidèle à lui même en poursuivant: "la TVA n'est pas la seule piste, et si elle était, malgré tout, retenue, il rejette (lui, Xavier Bertrand) l'idée d'une augmentation "massive et brutale". Les contorcions du ministre résument, en tout cas, très bien le débat, qui revient, sur cette TVA sociale, où la compétitivité des entreprises se heurte au pouvoir d'achat des salariés. Et dans ce débat, un "revenant" se présente comme le meilleur pourfendeur de la mesure, c'est Alain Madelin. L'ancien et éphémère ministre, "libéral", comme on en fait très peu en France, se démultiplie pour dire (comme la Gauche) tout le mal qu'il pense de cette TVA sociale. D'abord, il la décrypte très bien: la TVA sociale, c'est une "mini-dévaluation", dit-il: elle renchérit le prix des produits importés, et baisse celui de nos exportations. Et au passage, elle agit comme une diminution généralisée des salaires. Elle est même plus "efficace" encore (si on peut dire) parce qu'elle frappe, également les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs, qui, eux, ne bénéficient pas de la baisse des charges. Pour Alain Madelin, la TVA sociale est, donc, une "mauvaise idée économique" et un "danger politique". Elle n'a, également, aucun effet contre les délocalisations parce que, dit-il, le transfert de charges est, vraiment, trop faible. Ce n'est pas hasard, dans une interview aux Echos: Alain Madelin cite Rossignol, le fabricant de skis récemment visité par Nicolas Sarkozy. La TVA sociale lui fera gagner 1% seulement de compétitivité, dit Madelin. Qui démonte un autre argument avancée par les partisans de cette solution: dire que les produits importés contribueront au financement de notre protection sociale, c'est "absurde" dit-il. Parce que ce sont bien les consommateurs qui paieront. Et Madelin de rappeler ce vieil adage fiscal: "vous pouvez mettre une taxe sur les vaches, ce n'est pas elles qui la paieront!".

Emplois aidés. Le gouvernement veut accélérer le rythme de signature des emplois aidés... avant la Présidentielle. C'est une information des Echos, ce matin, qui a pris connaissance d'une circulaire du Ministère du Travail. Elle n'augmente pas les moyens prévus pour l'ensemble de cette année (le nombre d'emplois aidés est même en baisse, par rapport à 2011), mais elle demande à ses services de concentrer leurs efforts sur le premier semestre. 225 mille contrats, dans le secteur non-marchand, par sexemple, devront être signés avant le 1er juillet. Le but: faire baisser les statistiques du chômage. "Les Echos" rappelle que 4 chiffres mensuels de Pôle Emploi seront publiés d'ici au second tour de la Présidentielle.ASN. Pas plus de 10 milliards d'euros de surcoût... moins de 2% d'augmentation des factures d'électricité: c'est selon EDF et selon le ministre Eric Besson, les conséquences "limitées" de l'audit des centrales nucléaires françaises réalisé par l'autorité de contrôle. L'ASN a préconisé, hier, d'indispensables investissements pour améliorer la sûreté des installations nucléaires du pays.

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