C'est hier que les premiers effets se sont, très concrêtement, fait ressentir. Bouygues Télecom a annoncé un plan de départs volontaires, visant 556 postes. SFR, au même moment, prévenait ses salariés qu'il envisage, lui aussi, d'ouvrir un "guichet de départs", cet automne. C'est Orange enfin, qui, par la voix de son patron Stéphane Richard a parlé, hier, de "s'adapter sans brutalité", au nouveau contexte.

Ce nouveau contexte, dans la téléphonie mobile, c'est, évidemment, l'arrivée de Free, le 4ème opérateur. Faisons court: selon les 3 autres, c'est la stratégie "low cost" du nouvel entrant (ses abonnements pas chers...) qui détruit, aujourd'hui, de la valeur, et donc détruit des emplois. Ce n'est, évidemment, pas aussi simple. Et depuis quelques jours, c'est, dans la presse, par tribunes interposées, publiées dans les pages "opinions" des journaux, que les uns et les autres s'expliquent. S'attaquent, et s'étripent même. Il se dit que certaines prises de positions ont dû être réécrites, à la demande des journaux, tant les mots employés étaient un peu trop durs. C'est dans les Echos que les festivités ont, en fait, commencé.

Le 11 mars, un universitaire, Bruno Deffains, publie ses estimations: l'arrivée de Free va détruire 55 mille emplois en 2 ans, écrit-il pour s'étonner que les pouvoirs publics, avant d'accorder une 4ème licence de téléphonie mobile, n'aient jamais mené une vraie étude d'impact. Sur l'emploi notamment. 10 jours plus tard, très énervé, c'est Xaviel Niel, le patron de Free lui-même qui lui répond dans les colonnes du même journal: "les réductions d'emplois, les délocalisations des centres d'appel ont commencé bien avant l'arrivée de Free mobile", écrit-il. Et les "5 milliards et demi de dividendes que vont verser les 3 grands opérateurs sont la preuve qu'ils ne vont pas si mal", ajoute Xaviel Niel, sur le mode "Free a bon dos".

Le soir même, c'est dans le Monde (journal dont Xavier Niel est actionnaire) qu'une nouvelle charge anti-Free est lancée. Cette fois-ci par Thierry Breton, ex-patron de France Telecom: "Notre industrie des télécoms brûle et nous regardons ailleurs" écrit l'ancien ministre de Jacques Chirac. Qui parle encore d'une "spirale destructrice". 7 jours plus tard (ce dimanche), Maxime Lombardini, dirigeant de Free, lui répond, toujours dans le Monde. Il dénonce les "contre-vérités" de Thierry Breton, venu, selon lui, "régler quelques comptes", et avant de lui envoyer une ou 2 vacheries. Avant hier, dans les Echos, c'est enfin au patron de Bouygues Telecom de tacler Free, "un Robin des bois qui met le feu à la forêt". Comme les autres, Olivier Roussat dénonce surtout, les conditions qui ont été accordées à Free pour se lancer. Des conditions techniques et financières "trop favorables", selon lui, qui lui permettent d'être moins cher que tous les autres. On attend, maintenant la nouvelle réplique de Free.

Attention!. On commence avec cette "alerte" lancée par le Président de Conseil Economique, Social et Environnemental. Jean-Paul Delevoye s'inquiète d'une augmentation brutale des prix de l'énergie. On pense évidemment au gaz, dont on attend de connaître l'ampleur de la hausse, dès ce mois-ci. Pour Jean-Paul Delevoye, cette augmentation pourrait plonger des familles "dans l'impasse". L'ancien Médiateur de la République rappelle que "pour 12 à 15 millions de Français, les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près". Le gouvernement doit rendre publique, dans les prochains jours, sa décision.Attention... 7 milliards et demi d'impôts nouveaux. Le gouvernement français dévoile, ce matin, ses premières mesures fiscales. Hier -compliquant encore plus son équation budgétaire- Jean-Marc Ayrault a abaissé ses prévisions de croissance: ce sera 0,3% cette année. Et 1,2 l'année prochaine.

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