De la passerrelle, en béton noir, qui relie le Mucem au Fort Saint-Jean, on le voit très bien. Il est loin pourtant. A l'autre bout du Port autonome de Marseille. De cette passerrelle, on croit distinguer un immeuble, tout bleu, mais c'est, en fait, un empilement de conteneurs industriels. 11 niveaux dans la coque (qu'on ne voit pas donc) et 9 au dessus (quand il est plein). 16 mille conteneurs, au total, sur un immense bateau: c'est le record mondial, le plus gros porte-conteneurs du monde. Sous pavillon français. Le "Jules Verne" est arrivé, hier, dans le Port de Marseille. La manoeuvre a été délicate: c'est à Fos, normalement, que ces "géants" débarquent. Là c'est exceptionnel: le Jules Verne s'est amarré, ici, pour être inauguré, tout à l'heure, par François Hollande en personne. Qui ne vient pas que pour le musée. Un Président de la République, participant à telle cérémonie, ça ne s'est jamais fait: certains ont cru pouvoir dire que le général de Gaulle avait participé à la mise à l'eau du paquebot "France", en 1960. Apparement, il n'y était pas. C'est donc une vraie "première". Un Président inaugurant un gros bateau, un porte-conteneurs. L'occasion de saluer une belle réussite -celle de CMA-CGM, 35 ans à Marseille- mais rien de glamour. Plutôt du concrêt, de la technologie, du savoir-faire industriel. De l'économie réelle. L'économie mondialisée d'aujourd'hui en fait, où la majeure partie du commerce mondial passe par ces bateaux géants. L'immense "Jules Verne" (on se sent vraiment tout petit à côté) fera les allers-retour entre l'Europe et la Chine. Avec dans les immenses boîtes, tout ce que le monde peut s'échanger: du textile, des denrées alimentaires, des meubles. Un yatch aussi prochainement, fabriqué en Chine et qui doit être livré au Royaume-Uni. En sens inverse -il ne faut pas croire!- le Jules Verne ne rentre pas à vide en Chine: des métro, des turbines, de la machine-outil allemande, du luxe français (vins et spiritueux). En un voyage, le Jules Verne peut transporter jusqu'à 190 mille tonnes de marchandises. Un détail: il brûle 120 tonnes de fuel par jour. Pour alléger la facture, on "pilote" désormais le navire depuis Marseille. Un centre qui calcule tout: le vent, les courants pour adapter la vitesse. On a beau être "géant", la bonne méthode pour consommer moins, c'est comme avec une voiture, il faut éviter d'aller vite, et éviter les à-coup. En tenant 18 noeuds de vitesse constante, c'est 47 millions de dollars que CMA-CGM économise. Chaque mois.Tout bas. Les taux des crédits immobiliers sont passés, le mois dernier, sous les 3%. 2,97% exactement, hors assurance. Il y a un an, la moyenne était à 4%. Et oui, ces taux d'intérêt très bas devraient se maintenir parce que les banques se refinancent dans de très bonnes conditions... et parce que le prêt immobilier reste un "produit d'appel": il ne faut donc pas hésiter à faire jouer la concurrence.Relancé. La surprise hier, au Medef. Déjouant tous les pronostics (y compris le mien), Geoffroy Roux de Bézieux est arrivé en tête du vote, consultatif, du Comité exécutif de l'organisation patronale. Il a devancé d'une voix Pierre Gattaz, donné favori. Le vote, définitif, en Assemblée générale, c'est dans un mois.

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