Une lettre, hier, du Premier secrétaire du Parti Socialiste à Manuel Valls. Et la réponse, dès ce matin, dans les colonnes des Echos, avec une interview de Michel Sapin. Ironisons un peu: voilà la preuve que tout va bien entre le gouvernement et le Parti Socialiste. On se parle et on s'écrit... Ce sont les textes budgétaires à venir, projets de Loi de Finances Rectificatives pour l'Etat et la Sécu, qui agitent ainsi la majorité. Ils vont être dévoilés dans les prochains jours. Ils prévoient 4 milliards d'économies supplémentaires pour cette année. Ils doivent surtout rendre enfin concrêtes les premières mesures du Pacte de responsabilité et de solidarité de François Hollande. 5 mois après son annonce, il est temps! Les parties prenantes sont aux aguets. Pour le patronat, il faut que les baisses de charges et d'impôts promises soient, bel et bien, au rendez-vous, le Medef parle déjà de "supercherie"! Pour la CFDT, qui soutient jusqu'ici le processus, il faut veiller aux contreparties promises. Entre le gouvernement et sa majorité, c'est encore une autre partie qui se joue. Après les déculottées des Municipales et des Européennes, les parlementaires PS exigent un rééquilibrage de la politique menée. D'où la lettre de Jean-Christophe Cambadelis au Premier ministre. Le patron du PS fixe 5 priorités, demande, par exemple, de procéder par étapes dans les mesures en faveur des entreprises, de pivilégier les PME et les ETI. Et encore, de faire de nouveaux gestes en faveur des ménages. Comme les choses sont bien faites, c'est, donc, Michel Sapin qui lui répond, dès aujourd'hui, dans les Echos. Réponse en autant de points, ou presque. Par étapes? Oui, le gouvernement procédera. En commençant -c'est d'accord- par les plus petites entreprises. Au passage, Michel Sapin tente un nouvel élément de langage: les baisses d'impôts et de charges, l'année prochaine, seront "presque équilibrées entre les entreprises et les ménages". Il va falloir préciser le calcul, quand même. Et puis, le ministre confirme les pistes d'allégements possibles: la taxe d'habitation, les emplois à domicile. Et ne ferme pas non plus la porte à la dernière revendication, née dans les rangs socialistes, ces derniers jours: l'abandon, ou l'allegment, du gel prévu des pensions invalidité, accident du travail et maladies professionnelles. "Des évolutions sont possibles" lâche Michel Sapin.

C'est d'accord. Les actionnaires n'ont pas sanctionné le salaire des patrons. Le "Say on Pay", c'était la nouveauté de la saison des Assemblées générales d'actionnaires, un vote consultatif sur la rémunération des dirigeants d'entreprises. Cette saison s'achève, et selon la lettre spécialisée "L'hebdo des AG", ça n'a eu quasiment aucun effet. En moyenne, les salaires des grands patrons français ont été approuvés à 91%. Cela dit, dans ces réunions où est habitués à des scores soviétiques proches de 100%, certains votes ont constitué une alerte. Ca été le cas pour les patrons de Safran, Renault, Publicis ou encore Carrefour, pour qui les votes d'approbation n'ont pas dépassé les 70%.

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