" Areva, c'est comme Nespresso " disait Anne Lauvergeon, du temps de sa splendeur. Quand on l'appelait encore "AtomicAnne ". "Comme Nespresso ", elle voulait dire qu'elle suivait la même stratégie. "Nous vendons les cafetières et le café qui va avec. Et le café, c'est très rentable ". C'était ça, le modèle intégré d'Areva. Cette stratégie, elle a emballé beaucoup de monde, il y a 15 ans quand Areva a été créé, par le gouvernement de Lionel Jospin (Premier ministre), avec la bénédiction de Jacques Chirac (Président). Par charité confraternelle, je tairai le nom de ce journaliste qui écrivait -Google, c'est cruel parfois-... au cours de l'été 2008, en faisant toujours ce parallèle avec Nespresso : "Compte tenu du prix auquel nous achetons les fameuses capsules colorées, il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour les comptes futurs de la maison Areva ". A l'époque, on annonçait 400 constructions de nouvelles centrales nucléaires, dans le monde, d'ici à 2020 ou 2030, un tiers pour Areva ! On connaît la suite. Et désormais la fin. La crise financière, d'abord. Fukushima, ensuite. Et puis pour la filière nucléaire française, l'échec de la vente à Abu Dhabi... L'année dernière: cinq millirards de pertes, et depuis l'urgence: il faut sauver Areva ! Du coup hier, c'est la fin de la stratégie Nespresso que François Hollande, entouré de ses ministres, a décrété. On en revient à l'organisation d'avant. D'un côté, un pôle qui s'occupe des réacteurs: c'est EDF qui reprend l'activité. De l'autre, un pôle qui gère le combustible: Areva réduit à un périmètre proche de l'ex-Cogema. Dans les détails, c'est un peu plus subltil que ça, cela dit, Areva, par exemple, va rester au capital de la nouvelle entité chargée des réacteurs, des partenaires étrangers pourraient faire leur entrée. Récemment, l'ennemi juré d'Anne Lauvergeon, Henri Proglio s'amusait: "Président d'EDF, j'avais alerté, en disant qu'Areva allait dans le mur. J'avais plaidé, aussi, pour un rapprochement avec les Chinois. J'ai prêché dans le vide. Mais curieusement depuis que je suis parti, ajoute Henri Proglio, mes analyses sont reprises ".

Primaires. Pour la Grèce, on serait, donc, tout prêt pour un accord, selon le Premier ministre grec. Et s'il est optimiste, désormais, c'est, semble-t-il, parce que la question du solde budgétaire primaire de la Grèce a, enfin, été tranché. Le solde budgétaire primaire, déficit ou excédent, c'est ce qu'on constate avant d'intégrer, dans les comptes, les intérêts de la dette d'un pays. C'est son "résultat opérationnel", si vous voulez. Quand un pays est en excédent primaire, ça veut dire qu'il de dépense pas plus que ce qu'il gagne, et qu'il peut rembourser sa dette. La France, par exemple, n'a pas été en excédent primaire depuis 2007. En revanche, on demande à la Grèce de l'être ! Mais c'est là, où ses créanciers ont assoupli leurs exigences. Ils ne demanderaient plus 3% d'excédent mais moitié moins. Et ça réduit d'autant les efforts demandés aux Grecs.

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