La Roumanie pour 450 euros, la Tunisie pour 137 euros, ou encore l'Inde pour 69 euros. Il ne s'agit pas de "bonnes affaires" pour les vacances mais de propositions d'emplois qui ont choqué, ces dernières mois. Ces sommes sont des salaires -mensuels!- pour des emplois, qui ont été proposés à des salariés français, victimes d'un Plan social. Des licenciés économiques qui ont donc reçu, par un courrier recommandé, avec accusé de réception, ce genre de proposition de reclassement, "proposition indécente", vécue comme une insulte. Mais une obligation légale, obligatoire, pour leur employeur. Pour n'avoir pas voulu humilier ses salariés avec une telle proposition, on se souvient que la société Olympia (les chaussettes Olympia) a été condamnée à 2,5 millions d'euros d'amende par un Tribunal, qui a cassé son plan social. Non respecteux de la Loi, donc. Une Loi socialiste, qui date de 2001. Elle partait d'un bon sentiment: obliger les entreprises qui licencient, pour motif économique, à se préoccuper, en priorité, du reclassement de leurs salariés. Mais les différents recours juridiques qu'elle a suscité, la jurisprudence qui s'est installée (en obligeant, notamment, les entreprises qui ont des filiales à l'étranger, à proposer les emplois disponibles hors de France. Et donc, parfois, à des salaires extrêmement bas) a conduit à la multiplication de ces propositions choquantes. L'année dernière (c'était le 30 juin), l'Assemblée nationale, à l'unanimité (les Communistes s'abstenant), les députés adoptaient une proposition de Loi, venue du Centre, qui visait à mettre un terme à ces pratiques. Elle introduit la notion de "rémunération équivalente". Et instaure, également, un "questionnaire préalable", qui permettra à chaque salarié, de dire si oui ou non, il souhaite recevoir une proposition de reclassement à l'étranger. Depuis juin 2009, cette proposition de loi était en train de se perdre, gentillement, dans les méandres de la procédure parlementaire (entre l'Assemblée et le Sénat) quand un nouveau scandale a éclaté: les emblématiques salariés de Continental recevant une proposition d'emploi en Tunisie. Pour 137 euros par mois. Devant l'émotion, au Sénat, on a finalement, trouvé, au milieu d'un calendrier chargé, un moment pour discuter de cette proposition. Ce sera cet après-midi. Au Sénat, donc. Et elle a toutes les chances d'être adoptée. Comme à l'Assemblée, à l'unanimité. L'euro va continuer de baisser. Et ce qui est bon pour les entreprises européennes qui exportent, ne l'est pas pour les touristes, qui s'apprêtent à voyager mais les marchés en sont convaincus: l'euro va continuer à perdre du terrain face au dollar, dans les prochaines semaines. 1 euro vaut 1,32 dollar. Et certains spécialistes anticipent, désormais, 1 dollar 30. Et peut-être moins. Pour les marchés, la zone euro reste fragile, en dépit de l'adoption, ce week-end, du plan d'aide à la Grèce. 17 milliards. Les députés français, hier soir, ont voté le déblocage d'une première partie de l'aide à Athènes. La France, au total, va lui prêter environ 17 milliards d'euros d'ici à 2012.

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