C'est par journaux interposés qu'ils s'envoient des mots doux, en ce moment. Dans les Echos, la semaine dernière, François Baroin ironise en évoquant l'économiste Thomas Piketty, le "gourou fiscal du Parti socialiste" dit le ministre. Réplique, hier, dans sa chronique publiée par Libération: Thomas Piketty fustige les mensonges du gouvernement. "Mensonges d'Etat", écrit-il. Au centre de cette bataille: la réforme de l'ISF... l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Pour Thomas Piketty, c'est le "plus énorme cadeau fiscal du quinquennat, fait aux plus riches". Plus gros encore que le bouclier fiscal. C'est non seulement politiquement significatif et sensible (bien que "mal assumé" par la Droite), mais c'est budgétairement irresponsable en cette période de disette. Pour François Baroin, c'est exactement l'inverse: "il n'y a aucun cadeau. A personne. Et la réforme est intégralement financée". Le ministre s'explique: "oui, on réduit les taux d'imposition de l'ISF" (les rentrées fiscales seront, donc, moins importantes), mais paraléllement, on supprime le bouclier fiscal et on créée (ou on augmente) 4 taxes qui pèsent sur les plus fortunés: les grosses sucessions et les donations, notamment. Au Parlement, les experts de ces questions s'opposent pour savoir si ce montage de Bercy est effectivement équilibré. "C'est un peu de bric et de broc" lâche un élu de la majorité, "mais ça passe". Au PS, on estime, à l'inverse, que la perte sera proche d'1 milliard d'euro par an. Et plus encore cette année et l'année prochaine, puisque le bouclier fiscal pourra encore être actionné par qui veut (et qui peut). "Une réforme coûteuse", c'est aussi ce que dit Thomas Piketty, qui n'en démord pas. "C'est ma réputation de chercheur que je défend" dans cette affaire, dit-il. Son simulateur (mis en place sur internet, et qui remporte un franc succès) intègre 800 mille profils fiscaux, "mes calculs sont donc fiables" dit-il. Et sa conclusion sans appel: dans la dernière tranche de l'ISF, c'est-à-dire celle où on trouve les contribuables les plus riches (ceux qui déclarent un patrimoine de plus de 16 millions d'euros), le gain moyen de la "réforme Baroin" sera de 160 mille euros. Didier Lombard revient. L'ancien patron de France Telecom, qui a quitté son entreprise dans les conditions que l'on sait- a été porté, hier, à la présidence de St Microelectronics, le fabricant de semi-conducteurs. Dont l'Etat possède une partie, via le Fonds Stratégique d'Investissement. C'est l'Assemblée générale des actionnaires de St Micro qui en a décidé ainsi: Didier Lombard préside, donc depuis hier le Conseil de surveillance de l'entreprise. Il en était membre depuis 2004. Peut-être pour éviter toute polémique avant cette nomination, le communiqué officiel annonçant la tenue de l'Assemblée générale d'hier ne mentionnait pas cette résolution. Lisbonne à son tour. Après la Grèce. Après l'Irlande. Le Portugal obtient l'aide financière de l'Union européenne et du FMI, pour éviter la faillite. L'aide financière atteint 78 milliards d'euros. Et Lisbonne obtient un léger assouplissement du calendrier pour redresser ses comptes. Toujours en hausse. Les bénéfices de BNP Paribas, pour le premier trimestre de cette année. Ils sont publiés, ce matin. Plus de 2 milliards 6, en 3 mois. Ils sont hausse de presque 15%, sur 1 an.

L'équipe

(ré)écouter L'éco du jour Voir les autres diffusions de l'émission

La grandeur de la France

Les clichés

Les intellectuels

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.