Cette chronique, je l'ai déjà faite. Il y a un an, presque jour pour jour. Pour dire la vérité, comme vous, je ne m'en souvenais plus, mais tout est revenu, très vite. Le point de départ est le même: un mail de la CGT de Sanofi. Aujourd'hui, 4 mai, doit se tenir à Paris, l'Assemblée générale des actionnaires du géant pharmaceutique, et le syndicat annonce, comme l'année dernière, donc, une distribution de tracts, à l'entrée. Comme l'année dernière, à l'intérieur, ses représentants annoncent qu'ils tenteront de prendre la parole pour dénoncer la politique "suicidaire" de la Direction. Et comme l'année dernière, tout sera mis en oeuvre pour les en empêcher, ou leur retirer le micro: "quand on est nombreux, ils envoient la police. Quand on est un petit nombre, ce sont les vigiles" résume Thierry Bodin, le leader CGT de Sanofi. "Oui, dit-il, tout est comme l'année dernière ou presque mais c'est parce que rien a changé chez Sanofi". "L'argent coule à flot partout dans ce groupe, pour ses actionnaires, pour ses dirigeants. Mais pour les salariés, en revanche: rien!". Pire: Sanofi, selon la CGT maison, court à la perte: sa recherche interne et son outil industriel sont menacés. Tout est résumé dans le tract. Presque 5 mille suppressions de postes depuis 6 ans. 8 sites "fermés, vendus ou sortis" du groupe, alors qu'il bénéficie de plus de 150 millions de crédits d'impôts. En 2014, en 2015: 0% d'augmentation générale des salariés. Pas plus de 1% à titre individuel. Mais pour le patron viré: 4 millions et demi de "parachute doré", et pour le nouveau patron, 4 millions d'euros de "golden hello"! Pour les actionnaires, c'est 3,7 milliards de dividendes distribués, et encore 1,8 milliards de rachat d'actions. La CGT fait le calcul: sur les 62 mille euros de bénéfices, générés, l'année dernière, par chaque salarié de Sanofi, 50 mille sont allés dans les poches des actionnaires! En lisant, ce tract, on pense à un autre texte, signé récemment... par le ministre de l'Economie, lui-même. Une tribune dénonçant l'ère du "capitalisme naïf", celui qui privilégie les intérêts des actionnaires, et les stratégies de court-terme. "Une folie économique, écrivait Emmanuel Macron mais surtout un "suicide industriel".

Post-déprime? C'est, peut-être, la fin de 4 ans de déprime pour les cadres! C'est le constat de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro. La "vague" de mai montre un très net regain du moral des cadres. En fait, on sort d'une zone de dépression commencée à l'été 2011, avec la crise de la zone euro. Aujourd'hui, tous les indicateurs se redressent: la perception du "niveau de vie", de l'emploi, des opportunité de carrières et même de la situation financière personnelle des cadres interrogés. 3 explications sont avancées: la conjoncture internationale (meilleure), les politiques menées (tournées vers l'entreprise), mais aussi un effet indirect "post-Charlie", le sentiment que le regard du monde sur la France a changé, ce qui réduit -mais pour combien de temps?- notre "auto-dénigrement" habituel.

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