En novembre dernier, après le G20 de Washington qui venait de promettre de "refonder le capitalisme mondial", un journal évaluait, une par une, les chances d'obtenir les mesures promises : réforme du FMI, contrôle des Fonds spéculatifs, etc. La "fin des paradis fiscaux" obtenait (dans mon souvenir) la plus mauvaise cote, avec une chance de réussite estimée à 5% seulement ! Depuis novembre, est-ce que cette estimation a progressé ? Eh bien, contre toute attente... oui ! Un "vent mauvais" souffle, réellement, sur ces paradis. Hier par exemple, la France et l'Allemagne se sont montré particulièrement déterminées à agir : d'abord, en réclamant une liste officielle élargie des "centres offshores non coopératifs" (comme on dit dans les documents officiels). Sur 192 pays membres des Nations-Unies, 70 sont - plus ou moins - éligibles à ce statut de paradis fiscaux, réglementaires ou judiciaires ! Paris et Berlin proposent ensuite, qu'une fois cette liste établie, des "sanctions" soient imaginées... et appliquées ! C'est nouveau : Gordon Brown, à Londres, semble soutenir l'initiative. Les Etats-Unis, eux, joignent déjà le geste à la parole. On vient de le voir avec l'affaire de la banque suisse UBS, contrainte, par la justice, de livrer les noms de ceux qui fuient le fisc américain. On le voit encore avec le dépôt, à Washington, de projets de lois visant à lutter contre l'évasion fiscale. Elle priverait, chaque année, les Etats-Unis de 100 milliards de dollars de recettes ! En Allemagne, on chiffre la perte à 30 milliards. En cette période où les contribuables du monde entier sont appelés à financier les différents Plans de sauvetage (bancaire ou automobile) et les plans de relance, la fuite des plus riches vers des cieux - fiscaux - plus cléments devient évidemment politiquement intenable. C'est par ce biais, semble-t-il, que les dirigeants du G20 ont décidé de s'emparer de cette question mais, attention, la mise à mal du secret bancaire -voire sa disparition (rêvons un peu !) - ne suffira pas : il va falloir aussi imposer à ces pays une véritable régulation. Un contrôle, chez eux, des activités financières, puisque c'est ce "vide réglementaire" qui permet, aujourd'hui, à nombre de fonds spéculatifs d'échapper à toute contrainte avec les conséquences très concrètes, terribles, que l'on subit depuis plusieurs mois. France Télécom va plutôt bien. L'opérateur vient de publier ses résultats pour l'année 2008. Son chiffre d'affaires est en hausse de 1%. Son bénéfice s'établit à un peu plus de 4 milliards d'euros. Il est en forte baisse. Malgré ces milliards, les syndicats de France Telecom craignent l'annonce de nouvelles suppressions de postes. Il y en a eu 16 000, ces 3 dernières années. 1 milliard pour le Crédit agricole. La banque annonce, de son côté, un bénéfice de 1 milliard d'euros, pour 2008. En baisse de 75%, en raison notamment d'une perte importante au 4ème trimestre. On révise ! Un déficit budgétaire, en France, à plus de 100 milliards d'euros. Contre 56, l'année dernière : le gouvernement revoit, aujourd'hui à la baisse, ses prévisions économiques. Un "collectif budgétaire" (le 4ème depuis l'automne) est présenté aujourd'hui en Conseil des ministres. La dette publique se creuse : elle pourrait approcher les 80% du PIB, en 2010. Toujours vers le bas. Les places boursières toujours orientées à la baisse. C'est à Londres, hier, que le recul a été le plus important. De 3,14%.

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