Une chronique de Régis Lachaud. _____ Cette fois, ce sont les groupes PSA et Mitsubishi qui ont annoncé hier l'annulation de la cérémonie. Ou plutôt l'échec des négociations capitalistiques sur un accord de prises de participation croisées. Le français voulait en fait racheter le japonais pour devenir le 7e constructeur automobile mondial. Les deux constructeurs avaient dévoilé leurs intentions en décembre dernier. Question de survie, dans un secteur sinistré qui a durement subi la crise, alors qu'il accusait déjà de fortes surcapacités de production. Mais c'est une nouvelle fois l'évaluation financière des actifs de chaque groupe qui a compliqué le rapprochement. Mitsubishi trop cher... Du coup, PSA ne fera pas comme Renault avec Nissan. PSA et Mitsubishi vont se contenter de poursuivre leurs partenariats opérationnels. En clair, les deux entreprises vont collaborer pour développer en commun de nouveaux modèles, notamment une petite voiture à bas coût, probable future concurrente de la Logan qui a fait le bonheur du groupe Renault-Nissan. Cet échec des négociations aura forcément des conséquences sur l'avenir du groupe français. Mais ces conséquences peuvent aussi bien être positives. Après tout, mieux vaut un mariage annulé plutôt qu'un divorce rapide après mésentente. Pour s'en rendre compte, il suffit d'ailleurs d'observer la réaction hier de la Bourse de Paris après l'annonce de cet échec des discussions. L'action Peugeot a gagné 2,48%. Plusieurs solutions s'offrent en fait au groupe français : la direction peut chercher un autre partenaire capitalistique. Une autre alliance qui lui permettrait de grandir et d'étendre sa présence hors du marché européen, dont il est encore trop dépendant. Ou alors, il peut utiliser sa trésorerie pour améliorer sa situation financière, et notamment réduire encore le poids financier de sa dette (2 milliards d'euros fin 2009). Le PDG l'a redit hier : "la priorité du groupe reste la robustesse financière !" Enfin, PSA continuera de fréquenter Mitsubishi. Une usine commune est en cours de construction en Russie, par exemple. Et les premiers véhicules électriques commercialisés prochainement, les Peugeot Ion et Citroen C-Zéro ne seront une adaptation d'un modèle déjà existant chez Mitsubishi. Rien n'empêchera de toute façon les concubins de repenser au mariage un jour, si cela sert les intérêts des deux familles d'actionnaires. La Grèce a annoncé hier un nouveau plan d'austérité. Près de 5 milliards d'euros d'économies sur les dépenses et de hausses d'impots pour réduire les déficits publics et rassurer les marchés financiers. 4,8 milliards exactement ou 2% du PIB national. Le gouvernement grec a notamment adopté des réductions de primes dans la fonction publique, un gel des pensions de retraites ou encore une augmentation de deux points de la TVA. En France, le président de la République se déplace à Marignane dans les Bouches-du-Rhône pour annoncer un nouveau plan stratégique de soutien à l'industrie française. Objectif : enrayer le déclin de ce secteur marqué depuis 30 ans par les suppressions d'emplois et les fermetures d'usines. Nicolas Sarkozy doit normalement préciser les mesures retenues parmi celles proposées lors des Etats Généraux de l'Industrie l'an dernier. Et puis, un accord sur le plan social a été trouvé hier chez Siemens entre direction et syndicats. Le nombre d'emplois maintenus est augmenté de 365 à 380 et les indemnités versées aux salariés licenciés sont augmentées - au minimum 25 000 euros par personne en plus de l'indemnité légale. Mais le groupe allemand fermera comme prévu son site de Saint-Chamond, dans la Loire, pour regrouper toute son activité sur l'autre site français, distant de 50 kilomètres, à Montbrison.

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