Sans la Grèce, BNP Paribas aurait affiché en bénéfice un légère hausse, hier: plus d'un milliard 950 millions d'euros de bénéfices, sans doute, pour le 3ème trimestre de cette année. Mais voilà, avec les dépréciations que la banque a dû passer (parce que la Grèce va mal), les profits plafonnent, finalement, à 541 millions d'euros. Une chute de presque 72%, mais que la bourse n'a pas sanctionné. Au contraire, même puique le titre BNP Paribas a gagné 7,5%, hier. Les investisseurs ont apprécié l'opération vérité sur les comptes. Mais aussi les suppressions de postes annoncées, "par centaines" a prévenu Baudoin Prot, le Directeur Général de la banque, qu'il justifie par la nécessité de réduire la voilure dans sa branche de financement et d'investissement. Les affaires, en ce moment, sont mauvaises et la nouvelle réglementation pousse à suppression d'un certain nombre d'activités. Mais revenons à la Grèce. Elle plombe donc les bénéfices de la BNP. La banque, cette fois-ci, n'a pas lésiné: elle a passé, dans ses comptes, une décôte sur ses titres grecs, de 60%, là où l'Accord européen de la semaine dernière, ne l'obligeait à passer que 50. Baudoin Prot veut croire que cette opération comptable, coûteuse, sera bien la dernière: "le risque grec est dernière nous" affirme la banque, oubliant un peu vite, que cet été, déjà, passant une perte dans ses comptes (de 21%), elle jurait que c'était la dernière fois: "un solde de tout compte" qui n'aura pas tenu 3 mois. Cette fois-ci, c'est juré, c'est donc la dernière. Et pour éviter de revivre le même désaveu avec d'autres pays européens en difficulté, BNP Paribas, ces derniers mois, s'est délesté de 8 milliards de titres italiens, de plus de 2 milliards de titres espagnols. Et tant pis, si ces opérations ont été coûteuses. La banque s'est même débarrassé de titres allemands et français! Les obligations d'Etat, qui étaient, il y a quelques mois encore, considérées comme les actifs, les investissements les plus sûrs (les régulateurs exigeaient même que les banques en achètent)... ces obligations d'Etats, ces titres de dette, sont devenus des "actifs pourris". Qu'on fuit comme la peste.

La crise de la dette en Europe, commence à peser sur l'économie. Et maintenant, c'est la Banque Centrale Européenne qui l'affirme. "la zone euro pourrait entrer en récession... modérée, d'ici la fin de l'année". C'est ce qu'a déclaré, hier, Mario Draghi, le nouveau président de la BCE. Et c'est ce qui explique sa décision "surprise" d'hier: la baisse de son principal taux directeur. Il passe de 1 et demi %, à 1,25%. Les observateurs anticipent, même, une nouvelle baisse en décembre.La nouvelle a plu à la bourse, hier (tous les indices ont terminé en hausse), tout comme l'abandon annoncé du référendum en Grèce.Au G20 à Cannes, une nouvelle réunion consacrée à la crise grecque s'est tenue, hier soir. Entre Européens, mais aussi en présence de Barack Obama.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.