C'est une étonnante question que posait Martine Aubry, hier, dans le Journal du Dimanche.

La maire de Lille n'est pas intervenue depuis longtemps dans un média national, et c'est au sujet de l'avenir de la Redoute -et seulement de La Redoute!- qu'elle a choisi de "réapparaître". Depuis mardi dernier, elle ne décolère pas, et le JDD la présente "en alerte maximale" sur ce dossier. L'entreprise, emblématique de sa région ("la vente par correspandance, c'est comme l'automobile à Sochaux" dit-elle) doit être bientôt vendue, par sa maison-mère Kering, le groupe de la famille Pinault, et prévoit la suppression d'au moins 700 emplois : c'est ce qu'on appris mardi dernier. Martine Aubry, qui a pris la tête de la contestation avec d'autres élus du Nord, le dit clairement: "nous refusons ces suppressions de postes".

La Redoute
La Redoute © Maxppp

"6 mille emplois directs et indirects" sont concernés au total, calcule-t-elle, avant, donc, de poser cette question: "pourquoi le processus de vente (de la Redoute) s'accélère-t-il à quelques mois des élections municipales?". La maire de Lille n'en dit pas plus, et on se demande, franchemennt, ce qu'elle veut bien dire par là. Sans doute, que cette annonce vient poluer sa campagne électorale mais au-delà? En fait, ce qui surprend c'est que la maire de Lille fait comme si on ne connaissait pas les intentions du groupe Pinault depuis longtemps, à propos de La Redoute. Au sein de Kering, on rappelle que c'est en 2009 que le groupe a dit son intention de vendre son pôle "distribution". Méthodiquement, et chaque fois dans la constestation, c'est vrai, il s'y est employé: Conforama, la Fnac...

Pour La Redoute, c'est l'année dernière que le groupe Pinault a fixé l'échéance: "fin 2013". On y est, donc... et sans surprise. Cela dit, c'est sur le fond que les critiques de Martine Aubry portent. Pour elle, dans l'attente de la vente, le groupe Pinault a laissé La Redoute s'enfoncer, en ne réalisant pas les investissements nécessaires (la formation des salariés, la modernisation de l'informatique, de la logistique): "c'est irresponsable", dit-elle. Chez Kering, on consteste, évidemment, cette vision des choses: "La Redoute réalise, désormais, 85% de son chiffre d'affaires sur internet", c'est la preuve que le basculement vers le numérique a été opéré", dit-on avant d'expliquer que si des suppressions d'emplois ont été évoquées, c'est pour anticiper la vente, mais aussi et surtout pour garantir aux salariés un plan social au niveau de ce que peut fournir un grand groupe comme Kering, et non comme pourrait le faire le futur propriétaire.

L'argument ne passe pas du tout du côté de Martine Aubry qui promet de surveiller la Redoute (et la famille Pinault doit-on comprendre) "comme le lait sur le feu".

Le moral des cadres est en hausse! Pour le 2ème mois consécutif! C'est ce qui ressort de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro. C'est la vague de novembre. L'éclaircie, constatée à la rentrée, se confirme. Concernant les perspectives macro-économiques, on retrouve un niveau d'optimisme identique à celui qui prévalait en mai 2012, juste après la Présidentielle. Dans les entreprises, la motivation des salariés repart à la hausse, après plusieurs mois "au plus bas". On ne sera pas surpris: globalement, c'est dans les services et le BTP que ce regain d'optimisme des cadres est le plus marqué. Dans l'industrie, c'est encore le pessimisme qui domine.

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